Le réalisateur français Dominique Hennequin propose un
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Le réalisateur français Dominique Hennequin propose un "portrait intime" de l’écologiste sénégalais Haïdar El Ali

Dakar, 1er juil (APS) - Le réalisateur français Dominique Hennequin dresse dans un documentaire ’’un portrait intime’’ de l’écologiste sénégalais Ali Haïdar, dans lequel il donne un aperçu du quotidien de l’artiste et de son engagement de plusieurs années dont le but ultime est de passer aux générations sénégalaises futures l’amour de la protection de l’environnement.

Intitulé "Haïdar El Ali, l’homme qui plante des arbres", ce film de 52 minutes a été tourné en octobre 2017 et se présente comme une plongée, caméra au poing, dans le quotidien de l’écologiste et ses multiples combats pour le respect de la nature et sa préservation. 
 
"J’avais envie de montrer tout le travail qu’il fait ici au Sénégal, de rentrer dans son intimité, de raconter qui est vraiment Haïdar El Ali, parce que je me suis aperçu qu’il était très connu ici, mais souvent les gens ne savent pas ce qu’il fait", a expliqué le réalisateur.
 
Dominique Hennequin avait déjà réalisé en 2009 pour ’’Arte’’, chaîne de télévision culturelle franco-allemande, un court portrait de Haïdar El Ali suivi d’un reportage sur cet "homme exceptionnel", classé parmi les 100 écologistes les plus influents de la planète.
 
ll revient avec un film plus complet, un documentaire projeté vendredi soir à l’Institut français de Dakar, en présence du ministre des Infrastructures Abdoulaye Daouda Diallo, des ambassadeurs de France Christophe Bigot et de celui du Liban Khalil El Habre. 
 
"Haïdar El Ali, l’homme qui plante des arbres", revient ainsi sur le travail de l’environnementaliste sénégalais, notamment dans le domaine de la restauration de la mangrove à Marsassoum, en Casamance, dans le sud du Sénégal.
 
Haïdar El Ali y est notamment vu en train de sensibiliser les enfants sur l’importance des arbres et leurs bienfaits.
 
"C’est un plan symbole, commente le réalisateur, Haïdar essaie de transmettre’’ l’idéal environnemental "aux jeunes générations, à ses enfants, à tous les enfants du Sénégal, il a envie qu’ils poursuivent son travail parce que c’est épuisant, c’est beaucoup d’énergie, il est dans un âge où il veut transmettre le témoin".
 
Son périple à travers la région l’amène chez les différentes communautés de cette partie méridionale du Sénégal, afin de leur faire prendre conscience de la nécessité de planter des arbres et surtout ne pas les détruire. 
 
Il se rend par exemple chez le roi d’Oussouye et les gardiennes du "bois sacré" pour des prières en prélude aux dernières élections législatives de 2017, la liste écolo qu’il dirige ambitionnant de siéger à l’Assemblée nationale afin de participer à la prise de décision. 
 
 "Nous découvrons des habitants citoyens, mobilisés sur les questions environnementales et prêts à se battre pour ne pas perdre les trésors naturels de leur pays. C’est une vision résolument positive de l’Afrique que nous montrons", a souligné Dominique Hennequin. 
 
Mais malheureusement, ajoute-t-il, "nous devons aussi montrer cette autre Afrique, prête à vendre ses bois précieux aux acheteurs chinois".
 
De fait, on voit l’écologiste sénégalais s’indigner des coupes de bois ensuite vendus clandestinement à des entreprises chinoises lors d’une visite en Basse Casamance, à la frontière sénégalo-gambienne, où les dégâts sont visibles.
 
Le film de Dominique Hennequin parie sur "la symbolique de la lutte pour la restauration de la mangrove", pour mieux rendre la trajectoire de l’écologiste.
 
"Quand on voit cette mangrove de Marsassoum qui est dégradée, on voit toutes ces mangroves qu’il a réussi à replanter grâce à l’effort fait avec la population, c’est unique au monde, cela ne se fait nul part ailleurs et j’ai trouvé que c’est exemplaire du travail fait par Haïdar et pour ce pays", fait valoir le cinéaste.
 
Au-delà de l’histoire racontée, la beauté du film tient aussi à ces vues aériennes d’une nature verdoyantes dans cette partie du Sénégal. "C’est une façon de magnifier ce pays", souligne le réalisateur, selon qui ce film "d’espoir" est "une facette optimiste du Sénégal". 
 
"Nous voulons montrer l’espoir, pas simplement le négatif, parce qu’il y a beaucoup de positifs dans ce pays, c’est un film optimiste", dit Dominique Hennequin, se présentant comme un ’’amoureux du Sénégal". 
 
Haïdar El Ali qui dit vivre au quotidien ce combat "très compliqué", rappelle l’importance de la mangrove pour l’écosystème, en ce qu’elle contribue à la lutte contre le réchauffement climatique, car "elle régule le taux de salinité, et quand elle disparait, les champs de riz sont gagnés par le sel, la ressource halieutique se fait rare". 
 
L’écologiste sénégalais veut de cette manière prendre conscience de "l’importance de cette dégradation". "Il faut amener les gens à agir, dit-il, le film permettra d’éduquer nos populations sur la nécessiter d’agir".
 
Son souhait est de voir ce film montré "partout au Sénégal surtout dans les écoles". 
 
Le documentaire "Haïdar El Ali, l’homme qui plante des arbres" sera diffusé sur TV5 Afrique et sur plusieurs autres chaines européennes, selon son réalisateur.
 
 

FKS/BK