Lancement de la cinémathèque tunisienne
APS
SENEGAL-TUNISIE-CINEMA

Lancement de la cinémathèque tunisienne

+++De l’envoyée spéciale de l’APS : Fatou Kiné Sène+++

Tunis Carthage, 7 nov (APS) – La cinémathèque tunisienne a été lancée, mardi, à Tunis dans le cadre des 28èmes Journées cinématographiques de Carthage (JCC), a constaté l’APS. 

Malgré tout, "la cinémathèque va ouvrir officiellement ses portes le 20 mars 2018 dans la Cité de la culture, qui sera inaugurée à la même date’’, a précisé le conseiller du directeur artistique de la structure, Mohamed Challouf. 

Intervenant lors de la rencontre avec la presse, il a rappelé que le travail de préparation dure depuis un an. Les salles sont prêtes et les programmes des années à venir sont en train d’être élaborés, a-t-il ajouté.

‘’Nous sommes en train de travailler sur la partie la plus importante qu’une cinémathèque doit avoir, à savoir la conservation et la préservation du patrimoine. Nous allons prendre en charge notre patrimoine, nos négatifs, les images de la Tunisie qui sont à l’intérieur et à l’extérieur du pays’’, indique M. Challouf. 

Un investissement important sera fait pour l’éducation à l’image, selon les dirigeants de cette structure. En effet, souligne M. Challouf, ‘’une cinémathèque qui se respect travaille beaucoup avec les enfants, pour les aider à consommer l’image et à être des cinéphiles de demain’’.

Pour le directeur artistique de la cinémathèque tunisienne, Hichem Ben Ammar, ‘’la cinémathèque a pour but de travailler à l’appropriation de la mémoire’’. 

‘’Elle a pour rôle la collecte, le catalogage et la conservation des films, la restauration et la numérisation des œuvres du patrimoine, l’élaboration et la mise en ligne d’une base de données sur le cinéma et la célébration du 7ème art et la promotion de la culture cinéphile’’, a-t-il détaillé. 

La cinémathèque tunisienne ne compte pas se limiter seulement au cinéma tunisien. ‘’Elle pense aux cinémas du Sud. Il y a une volonté de collaborer avec les réalités des archives du Sud, comme les cinémathèques de Ouagadougou, de Lisbonne, celles royales de Belgique et les archives de Guinée et d’autres institutions ’’, a-t-il déclaré. 

Déjà, pour cette édition des JCC, cinq courts métrages restaurés et numérisés par la cinémathèque tunisienne en collaboration avec d’autres institutions, ont été présentés aux festivaliers. Parmi eux, deux classiques sénégalais : ‘’Borom Sarret’’ de Ousmane Sembène (1963) et ‘’Lamb’’ de Paulin Soumano Vieyra (1963). 

‘’On ne peut pas faire une initiative de la cinémathèque tunisienne sans avoir deux pionniers du cinéma sénégalais. Paulin Soumano Vieyra et Sembène Ousmane sont des complices de Tahar Charria. Dans la création des JCC, ce sont ses compagnons dès le début de ce parcours dans la promotion du cinéma africain (…)’’, explique Mohamed Challouf, hanté par la préservation de la mémoire. 

Comme projet, la cinémathèque tunisienne a, entre autres idées, l’initiative de restaurer et numériser le film sénégalais ‘’Camp de Thiaroye’’, d’Ousmane Sembène. ‘’Nous allons faire revenir une grande production sud-sud de Sembène Ousmane qui avait été refusée par les productions du Nord et qui a trouvé refuge en Tunisie. Le Sénégal, par l’intermédiaire du fils de Sembène Ousmane, l’Algérie et la Tunisie vont restaurer ce film’’, fait savoir M. Challouf. 

Le président de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI), le Malien Cheikh Oumar Sissoko espère que "la cinémathèque tunisienne fera tâche d’huile pour le continent dans nos pays du sud’’. ‘’Le manque de volonté politique a retardé le lancement de ce projet qui dure plus de 30 ans’’, constatent les dirigeants de cette structure.

FKS/ASG