La critique cinématographique
APS
SENEGAL-TUNISIE-CINEMA

La critique cinématographique "plus l’apanage des professionnels" (critique cinéma)

De l’envoyée spéciale de l’APS : Fatou Kiné Sène

Tunisie (Carthage), 10 nov (APS) - Le journaliste et critique de cinéma sénégalais Baba Diop a fait état vendredi d’une démocratisation de la critique cinématographique à la faveur de laquelle cette activité "n’est plus l’apanage des professionnels avec l’avènement des réseaux sociaux". 
 
"La critique s’adapte aux mutations technologiques, et aujourd’hui, avec la Toile, il y a une démocratisation de la critique", a-t-il dit lors d’un colloque à Tunis, sur le thème "Migration et mutation de la critique sur la grande Toile". 
 
Ce colloque, à l’initiative de la Fédération africaine de la critique cinématographie (FACC), se tenait dans le cadre de la 28e session des Journées cinématographiques de Carthage (JCC du 4 au 11 novembre).
 
Avec le développement des réseaux sociaux, "l’échange est interactif et le critique a de façon instantanée un feal-back rapide sur son travail", fait valoir Baba Diop, membre du jury documentaire de l’édition 2017 des JCC, avant d’ajouter "La critique passive est devenue du coup active avec les réseaux sociaux".
 
Selon Claire Diao, cofondatrice du magazine spécialisé Awotélé, compte tenu du lectorat présent sur les réseaux sociaux, qui se chiffre à "des milliards d’internautes par jour ou par mois, il faut une mobilisation des critiques sur les réseaux sociaux pour donner plus d’échos aux productions". 
 
"A nous de nous l’approprier le mieux possible pour capter le lectorat et avoir beaucoup plus d’impact", souligne Claire Diao, critique de nationalité franco-burkinabè. 
 
Thierno Ibrahima Dia, un universitaire sénégalais résident à Bordeaux, qui défend une critique cinématographique panafricaine, dit pour sa part refuser "la culture du buzz". 
 
Selon M. Dia, par ailleurs rédacteur en chef du magazine en ligne "Africiné", les réseaux sociaux certes "nous permettent de nous connecter avec les professionnels du cinéma et de suivre leurs actualités, mais le travail journalistique (de vérification, de recoupement et de recherche) doit toujours rester".
 
"La critique est une caisse de résonnance et les réseaux sociaux la plus grande caisse de résonnance, même si la critique voulait être en marge de cette mutation, elle ne peut pas le faire", a-t-il souligné.
 
FKS/BK