Journées cinématographiques de Carthage : la Tunisie rend hommage au cinéma sénégalais
APS
SENEGAL–TUNISIE-CINEMA

Journées cinématographiques de Carthage : la Tunisie rend hommage au cinéma sénégalais

De l’envoyée spéciale de l’APS : Fatou Kiné Sène

Tunis, 6 nov (APS) - Le Sénégal a reçu les honneurs du comité d’organisation de la 29e édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), lundi soir, lors d’une cérémonie dont le clou a été la projection du film "Le prix du pardon" de Mansour Sora Wade, a constaté l’APS.
 
Trois films sénégalais sont en lice pour la compétition officielle des JCC ouvertes le 3 novembre et qui se poursuivront jusqu’à samedi prochain. 
 
Quatorze films du Sénégal - des classiques et des nouveautés - seront également projetés dans plusieurs salles de cinéma de Tunis durant les Journées cinématographiques de Carthage. 
 
La cérémonie organisée à l’occasion des JCC pour rendre hommage au Sénégal et à son cinéma s’est déroulée en présence du ministre tunisien chargé des Affaires culturelles, Mohamed Zine El Abidine, et de son homologue sénégalais, Abdou Latif Coulibaly. 
 
L’ambassadeur du Sénégal en Tunisie, Ramatoulaye Ba Faye, et d’autres membres du corps diplomatique basé à Tunis y ont également pris part aux côtés de plusieurs cinéastes sénégalais. 
 
Mohamed Zine El Abidine et Abdou Latif Coulibaly ont saisi cette occasion pour louer les relations historiques et culturelles qui lient le Sénégal et la Tunisie. 
 
"On est très contents de recevoir le Sénégal ici, avec son histoire. C’est quelque chose de très important, car ce sont des relations qui remontent à très loin, du temps de Habib Bourguiba et de Léopold Sédar Senghor", a dit le ministre tunisien des Affaires culturelles. 
 
Selon Mohamed Zine El A, juge "très important" le fait que les deux pays se souviennent de l’amitié qui liait les premiers chefs d’Etat et s’en inspirent pour aller "vers d’autres rencontres". 
 
Abdou Latif Coulibaly a abondé dans le même sens en affirmant que Habib Bourguiba et Léopold Sédar Senghor, les premiers à diriger la Tunisie et le Sénégal, après les indépendances, ont fondé quelque chose d’"exceptionnel". 
 
"Nous avons toujours la conviction ferme que par la culture, on assume une alliance entre les peuples. Nos relations diplomatiques sont excellentes", a souligné M. Coulibaly. 
 
Ramatoulaye Ba Faye a remercié le gouvernement tunisien d’avoir compté le Sénégal parmi les pays invités d’honneur des JCC 2018. 
 
S’exprimant au nom des cinéastes sénégalais prenant part aux JCC, Moussa Touré, Ousmane William Mbaye, Moly Kane, Khadidiatou Sow, Kémour Diop et Stéphane Vieyra, Moussa Sène Absa a évoqué "la gratitude" des professionnels du septième art de son pays envers la Tunisie. 
 
"Quel plaisir d’être là après 30 ans ! (…) Venir en Tunisie, c’est se souvenir de Tahaar Charia, de Sembène Ousmane et du plus Sénégalais des Tunisiens, Taeb Loutchi", a-t-il dit. 
 
"C’est une occasion pour nous de voir combien le cinéma africain a fait la fierté de notre propre culture commune", a poursuivi Moussa Sène Absa. 
 
Le film "Le Prix du pardon" de Mansour Sora Wade, lauréat du Tanit d’or des JCC en 2002 - 36 ans après la récompense de Sembène Ousmane, en 1966, avec le même prix, pour "La Noire de" -, a été projeté devant le public de cette rencontre cinématographique. 
 
"Ce film est une ode à l’amour, à la faiblesse de l’homme. (…) Ce film montre la dimension de la production cinématographique sénégalaise", a réagi Abdou Latif Coulibaly. 
 
Et c’est un Mansour Sora Wade très ému qui a remercié les organisateurs des JCC d’avoir choisi son film pour honorer le cinéma sénégalais. 
 
L’actrice principale du film, Rokhaya Niang, a tenu, elle aussi, à rendre hommage aux personnes aujourd’hui décédées, qui ont collaboré à cette production cinématographique, le chanteur Ndongo Lô, les acteurs Thierno Ndiaye Doss, Nar Sène et Dieynaba Dia.
 

FKS/ESF/BK