Fatou Kandé Senghor évoque son expérience du crowdfunding avec le tournage de ’’Walabok’’
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SENEGAL-CINEMA-FINANCE

Fatou Kandé Senghor évoque son expérience du crowdfunding avec le tournage de ’’Walabok’’

Dakar, 16 juin (APS) - La réalisatrice sénégalaise Fatou Kandé Senghor a indiqué à l’APS avoir eu recours au financement participatif également appelé "crowdfunding", pour boucler le tournage de sa nouvelle série "Walabok", une expérience qui, dit-elle, lui a permis d’expérimenter la réalité de la solidarité sociale et de l’importance des relations humaines.

"J’ai ciblé une cinquantaine de personnes, d’abord les femmes, ensuite les hommes, et mon téléphone a explosé : trente-cinq personnes ont répondu et en une semaine, j’ai rassemblé cinq millions de francs CFA", a expliqué la cinéaste qui a pu boucler sa nouvelle production grâce aux sommes ainsi récoltées.

Elle a pu ainsi réaliser les décors, payer une partie des techniciens et boucler le tournage de sa nouvelle production, une série portrait de la jeunesse sénégalaise à travers le prisme du mouvement hip hop.

Fatou Kandé Senghor affirme que dans son cas, "le crowdfunding a été une excellente chose, et cela prouve que la solidarité existe, que les relations humaines que l’on entretient avec les gens sont très importantes".

Les scènes de fin et scènes d’extérieur de ’’Walabok’’ ont été réécrites et réadaptées pour répondre au contexte du confinement et de la crise sanitaire, la réalisatrice ayant tenu à tourner malgré les restrictions.

Pour le reste du financement de son film, elle dit avoir consenti un investissement personnel (vente de terrain, cachet de travail, etc.) pour voir son projet aboutir. "Tu y mets tous tes biens, pour qu’à la fin, le produit ait du poids’’, commente-t-elle.

"Waru", la boite de production de Fatou Kandé Senghor, est coproductrice de la nouvelle série à hauteur de 40 %, pour un budget initial arrêté à 200 millions de francs CFA.

La réalisatrice a pu ainsi rassembler 150 millions de francs CFA pour le tournage de sa série, une comédie dramatique de 26 épisodes de 26 minutes chacune.

L’autre coproducteur du film, à savoir ’’Orange Studio’’, a reçu un mandat de distribution contre une participation de 36% au budget, renseigne Fatou Kandé Senghor, la réalisatrice ayant pu en outre compter sur un soutien de 50 mille euros de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), soit 12% du financement de la série.

Elle a aussi reçu une avance de huit millions de FCFA du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuel (FOPICA), sur les 15 qui lui avaient été promis. Le Fonds des cultures urbaines (FDCU) a déboursé 7% du budget comme participation.

Fatou Kandé Senghor compte relancer le volet financement dans la phase de postproduction de ce film tourné en wolof et qui sera doublée en français. Sa date de sortie n’est en revanche pas encore connue.

FKS/BK/ASG