Avec le ’’Bal des Signares’’, Oumou Sy veut conter l’histoire des métisses de la Petite Côte
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Avec le ’’Bal des Signares’’, Oumou Sy veut conter l’histoire des métisses de la Petite Côte

Dakar, 2 jan (APS) - La styliste sénégalaise, Oumou Sy, compte raconter l’histoire des femmes métisses de la Petite côte, à travers son spectacle intitulé ‘’Le Bal des Signares’’, prévu le 16 janvier au Grand Théâtre de Dakar.

‘’Avec ce +bal des Signares+, je veux que les gens plongent sur le bal qui a été organisé pour l’arrivée du Chevalier Boufflers’’, a-t-elle déclaré à une conférence de presse organisée jeudi à Dakar.

Il s’agit à travers ce spectacle de reconstituer le bal qui avait été organisé à l’époque et qui avait vu venir tous les notables de la sous-région en couple, a-t-elle laissé entendre en soulignant que c’est une manière également de rendre hommage à ces métisses de la Petite côte sénégalaise en contant leur histoire.

Le ‘’Bal des Signares’’ portera la chorégraphie de Jean Tamba, un pensionnaire du Théâtre national Daniel Sorano, et la mise en scène de Jean-Pierre Leurs, un ancien de ce temple de la culture.

Le chanteur Baba Maal, l’opérateur économique Harouna Moussa Dia et l’acteur culturel Hamady Sy sont les invités d’honneur de ce spectacle.

En plus des personnages de ‘’Signares’’ et ‘’mulâtres’’ devant animer le spectacle, ceux de l’ancien gouverneur de Saint-Louis, Louis Faidherbe, et du gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF), William Ponty, seront présentés.

Une centaine de personnes, dont trente-deux cavaliers et d’autres artistes et chanteurs et de comédiens participeront à ce spectacle, fruit de trentaine d’années de recherches faites sur les Signares et les mulâtres de Rufisque, Gorée, Saint-Louis, Joal Fadiouth.

Les signares (du portugais senhoras) sont les jeunes femmes noires ou métisses, de la Petite-Côte du Sénégal, dans les comptoirs de Rufisque au XVIIe siècle, puis de Gorée et finalement de Saint-Louis jusqu’au milieu du XIX e siècle.

Il s’agit de femmes sénégalaises vivant à l’époque avec des Européens influents, acquérant un rôle économique et un rang social élevé.

’’Je tiens à faire comprendre aux gens que les Signares ce n’est pas seulement +reste belle et tais-toi+, elles ont œuvré pour le développement de notre pays et de notre continent’’, a fait remarquer la styliste de 67 ans.

Oumou Sy a rappelé que son intérêt pour les signares remonte à 1988, année à laquelle elle a participé aux journées culturelles de Saint-Louis sur invitation du défunt peintre Jacob Yacouba.

Elle avait à l’époque présenté la robe de la doyenne des Signares, appelée Caty de Rufisque. La robe de cette femme influente avait été portée par la fille de styliste alors âgée de 14 ans.

’’C’est grâce à cette robe que j’ai remporté le marché du bicentenaire de la Révolution française célébré le 14 juillet 1989 en France. Depuis je n’ai cessé de faire des recherches sur cette communauté’’, a fait savoir Oumou Sy.

Elle compte publier prochainement un livre d’art garni d’images et de textes sur 400 pages, en plus d’un film documentaire de 52 minutes sur les signares.

’’Je vais réaliser et produire ce film de 52 minutes qui va raconter l’histoire de cette communauté de Gorée à Joal en passant par Saint-Louis, Rufisque, Dakar, Joal-Fadiouth’’, a-t-elle annoncé.

Les retombées de la commercialisation de ces produits serviront à ouvrir des atliers pour enseigner les techniques traditionnelles et modernes de création de costumes, a-t-elle soutenu.

FKS/AKS/OID