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SENEGAL-AFRIQUESUD-CULTURE

"La conférence de Dakar" a été une "étape décisive" dans l’avènement de la nation arc-en-ciel (ministre)

Dakar, 13 juil (APS) – Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye a estimé, jeudi, que "la Conférence de Dakar", tenue du 9 au 12 juillet 1987, pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, a été "une étape décisive" dans l’avènement de la nation arc-en-ciel.


Le ministre présidait le colloque sur le thème "Force du dialogue : hier, aujourd’hui et demain" dans le cadre de la commémoration des 30 ans de la rencontre de Dakar à la Place du Souvenir.

​La manifestation s’est tenue en présence de la Vice-ministre des Arts et de la culture de la République d’Afrique du Sud, Makhotso Magdeline Sotyu. 

"Si l’organisation de la rencontre de Dakar fut un tournant dans l’assaut final contre l’apartheid, il faut bien reconnaître que la bataille n’était pas gagnée d’avance", a souligné Mbagnick Ndiaye, relevant que "les fossoyeurs étaient nombreux et très actifs". 

Il a cité comme exemple la Droite politique française qui laissait entendre, par le biais de Jean Kiffer et Jean-Pierre Stirbois, que "l’apartheid n’existe plus", piétinant ainsi le projet de Danielle Mitterrand.

Le ministre a rendu hommage au président de la République du Sénégal de l’époque, Abdou Diouf, par ailleurs président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) d’alors et à Mme Danielle Mitterrand présidente de la Fondation France-Liberté qui ont porté le projet en étroite collaboration avec des acteurs sud-africains. 

"Pour vaincre la peur et forcer le destin, il fallait des femmes et des hommes de conviction ce qui était le cas de M. Abdou Diouf et de Mme Danielle Mitterrand", a souligné Mbagnick Ndiaye. 

Il a estimé que "les leçons de Dakar doivent inspirer dans cette Afrique où la démocratie a encore du mal à s’exprimer dans toute sa plénitude dans certains pays". 

La vice-ministre des Arts et de la Culture Sud africaine a également salué le leadership du président Abdou Diouf en 1987, faisant noter qu’il faut désormais "inscrire le dialogue dans une politique de renforcement de la démocratie" sur le continent et "prévenir les conflits en privilégiant la médiation". 

Le professeur Iba Der Thiam qui avait présidé en 1987 cette rencontre de Dakar au CICES a, quant à lui, suggéré que tous les souvenirs convoqués sur cette "Conférence de Dakar" par les témoins figurent dans un livre pour "montrer comment les Africains avaient réussi à asseoir une paix sans l’intervention internationale".

"Les Africains ont beaucoup de ressources qu’ils ignorent. Voilà un problème sur lequel toutes les différentes sensibilités du Sénégal se sont retrouvés et chacun dans la sphère de ses activités a eu à mener des initiatives (…) avec le seul concours de leur capacité, de leur savoir faire, de leur ouverture d’esprit et de leur volonté de régler cette question", a soutenu le professeur Thiam.
 
Pour lui, cette conférence de Dakar est un "modus opérandi qui, appliqué dans n’importe quel contexte, permettra toujours de résoudre des problèmes, parce que le dialogue est la seule force capable de vaincre tous les obstacles". 
 

FKS/PON