Un opérateur culturel suggère un fonds pour la mobilité des artistes
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SENEGAL-AFRIQUE–CULTURE

Un opérateur culturel suggère un fonds pour la mobilité des artistes

De l’envoyée spéciale de l’APS : Fatou Kiné Sène

Abidjan (Côte d’Ivoire), 15 mars (APS) - L’opérateur culturel camerounais Tony Mefé préconise la mise en place d’un fonds de mobilité pour faciliter la circulation des artistes de l’Afrique centrale et de leurs œuvres. 

"Nous pouvons nous lancer dans la création d’un fonds de mobilité des artistes qui serait financé par les institutions publiques et surtout les entreprises, les mécènes’’, a annoncé M. Méfé, se prononçant sur cette problématique dans le cadre des forums de discussion de l’édition 2018 du MASA, le Marché des arts du spectacles africain d’Abidjan. 
 
"Nous réfléchissons à des contreparties et aux méthodes à mettre en œuvre pour collecter ces fonds", a-t-il dit, ajoutant que "des discussions sont entamées avec le fonds de la mobilité marocain pour voir comment profiter de leur expérience dans la gestion d’un fonds de mobilité pour l’Afrique centrale". 
 
"Nous espérons que dans deux ans ; c’est ce fonds qui nous permettra de venir au MASA", a indiqué l’opérateur culturel, membre de l’association "Scène d’Ebène", qui a toujours compté sur le financement participatif de parents et amis pour faire participer des artistes au ASA à "Visas for music". 
 
"Face aux conditions de circulation et de productions nouvelles, il est impératif d’avoir de nouvelles pratiques’’, a de son côté fait valoir Ousseynou Wade, expert de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et ancien secrétaire général de la Biennale d’art africain contemporain de Dakar (Dak’art).
 
M. Wade fait remarquer que la circulation des œuvres dans le cadre de la démocratisation de la culture "pose encore problème", affirmant que "les supports de production ont fondamentalement changé et les conditions de circulation des artistes ont évolué".
 
"Il faut faire en sorte que l’on accède beaucoup facilement aux artistes et aux œuvres", a plaidé l’ancien secrétaire général du Dak’art, selon qui "l’OIF a toujours pris en compte cette problématique qui a abouti à une époque à la création du MASA et des Jeux de la francophonie". 
 
Mais il y a "de nouveaux paramètres à prendre en compte pour entrer dans la stratégie globale des artistes et de leurs œuvres", a indiqué Ousseynou Wade.
 
Le directeur général du MASA, le professeur Yacouba Konaté, a lui souligné que "la pratique de la réciprocité entre les festivals" pourrait constituer une alternative à la mobilité des artistes et de leurs œuvres. 
 
"Ce que l’on n’a pas vu venir, c’est la révolution numérique et le choc des visas et de l’émigration clandestine. Ainsi, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie, nous avons une collaboration sur le plan technique avec la Belgique, notamment avec Christrophe Galent pour la formation des techniciens du spectacle", a-t-il signalé.
 
Selon Yacouba Konaté, "certains festivals envoient des billets au MASA pour la participation des artistes et le MASA en retour les invite aussi". 
 
Le Marché des arts du spectacle d’Abidjan poursuit ses forums de discussion portant sur différents domaines, autour du thème général "Quels modèles économiques pour le marché de la scène ?’’. 
 
Le MASA 2018 sera clôturé samedi lors d’une cérémonie au Palais de la culture d’Abidjan. 
 
 

FKS/BK