Un héritier des Touré Kunda annonce son premier album solo
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Un héritier des Touré Kunda annonce son premier album solo

Dakar, 16 sept (APS) - Le musicien sénégalais Modou Touré, fils de l’artiste Ousmane Touré des Touré Kunda, a annoncé la sortie de son premier album solo avant fin 2016, une production sur laquelle l’artiste compte surfer pour imposer son prénom et contribuer à perpétuer l’héritage du mythique groupe sénégalais voire plus.
 

"La première chose, c’est que je veux sortir mon propre album, pour faire les festivals et venir au Sénégal, faire des concerts pour sa promotion et le faire découvrir aux Sénégalais", a déclaré le jeune musicien de 33 ans, dans un entretien avec l’APS.
 
Modou Touré est en train de travailler à la finalisation de cet album international "déjà enregistré" sur "des rythmes sénégalais et africains" de tendance world-music avec des références renvoyant au Touré Kunda.
 
Seize des titres de l’album sont prêts, en attendant de savoir les morceaux que la maison de disques choisirait, a indiqué le fils de Ousmane Touré, qui compte un album (The West African Blues Project) sorti en juin 2015, en collaboration avec Ramon Goose, un guitariste, chanteur et compositeur de blues et de rock britannique.
 
Une précédente production qui a guidé ses premiers pas dans la world-music et lui a ouvert des portes à l’international, de l’aveu même de Touré.
 
Le jeune musicien a fait ses armes au Sénégal avant de s’expatrier en Angleterre et à Londres à partir de 2006.
 
De la capitale du Royaume-Uni, il dit qu’elle est plus ouverte et compte "beaucoup de possibilités", en comparaison d’autres villes comme Paris, par exemple, où "ce n’est pas facile". 
 
"Ce n’est plus comme dans les années 1980", une époque où la capitale française était la base internationale de nombreux musiciens africains désireux de s’imposer sur la scène musicale mondiale.
 
Modou Touré dit vouloir prendre le relais de son père et de ses oncles du Touré Kunda, groupe emblématique qui a fait la renommée de la musique sénégalaise à l’international au tournant des années 1970-1980, à partir de Paris justement, qui se réveillait alors à la world music.
 
Il affirme avoir le talent et la volonté nécessaire pour "relever le défi" consistant à perpétuer l’oeuvre des Touré Kunda. "Je sais que c’est difficile, mais je crois que j’ai le talent nécessaire pour arriver à cet objectif et même le dépasser", déclare-t-il.
 
A long terme, le musicien veut "avoir des disques d’or" et d’autres distinctions, tout en continuant à servir le Sénégal dans son domaine. "Ce que je fais, soutient-il, je l’appelle musique sénégalaise du point de vue du rythme. Même si c’est afro, c’est (aussi) sénégalais et africain" tout à la fois, "parce que tout le monde peut l’écouter".
 
"Il n’y a pas une mais des musiques sénégalaises", compte tenu de la diversité des rythmes et ethnies du Sénégal. "Le mbalax fait partie de la musique sénégalaise mais il y a autre chose que les mélomanes se refusent peut-être à découvrir", analyse-t-il, définissant son style comme une musique ouverte sur le monde. 
 
Parlant de ses rapports avec Ousmane Touré, il a déclaré : "Mon père, on est tout le temps ensemble, on parle tout le temps de la musique (…) et du monde du showbiz. Il me dit de toujours m’accrocher, que ce n’est pas facile mais de ne pas baisser les bras".

BK/PON