Un critique d’art pointe du doigt le manque d’études sur la culture visuelle au Sénégal
APS
SENEGAL – CULTURE

Un critique d’art pointe du doigt le manque d’études sur la culture visuelle au Sénégal

Dakar, 5 jan (APS) – Le critique d’art Aliou Ndiaye a relevé, jeudi, lors d’une conférence à la galerie nationale d’art de Dakar, le manque d’études sur la culture visuelle au Sénégal en particulier et en Afrique en général. 
 

M. Ndiaye qui introduisait le thème : "Low art et hight art dans la créativité : élément d’une culture visuelle" a estimé que "les recherches sur ce thème ne sont pas nombreuses en Afrique".
Nonobstant le fait qu’au Sénégal, "il y a une force virale de l’image par rapport au discours oral" a laissé entendre le conférencier qui rappelle qu’un "célèbre dicton populaire de la langue wolof professe que + weddi guiss bokou ci+, une formule qui certifie la véracité de la chose vue".

Le critique qui s’appuie sur un constat fait dans la société sénégalaise a indiqué qu’il est "extrêmement rare aujourd’hui, d’arriver dans une maison où vit une famille sénégalaise authentique et de se demander à quelle communauté religieuse ou confrérie est-elle rattachée ?". 

Pour Aliou Ndiaye, "de facto, il y a une imagerie présente dans la maison, un signe distinctif qui renseigne sur l’appartenance confrérique de cette famille".

D’où, a-t-il ajouté, "cette patrimonialisation des images que l’on met en valeur dans la société sénégalaise". 

Selon lui, l’historiographie de la peinture sous-verre au Sénégal renseigne aussi sur le rapport entre la culture visuelle et l’imagerie religieuse.

Le critique d’art en appelle à une "utilisation judicieuse" de l’image dans les différentes formes de communication sociale, politique, etc., pour éviter les conflits. 

"Nous nous souvenons de cette caricature de +Jeune Afrique magazine+ qui avait soulevé l’ire de la communauté mouride", rappelle-t-il. 

Aliou Ndiaye convoque aussi "l’adaptation du poème +Kalamoune+ pour servir de chant de requiem dans une séquence du film +Carmen+, du cinéaste sénégalais Joe Gaye Ramaka ou encore la comparaison faite à l’époque par le président Abdoulaye Wade sur la statue du monument de la renaissance". 

La rencontre entre dans le cadre d’une série de conférences initiée par la galerie nationale d’art de Dakar en partenariat avec l’Association internationale des critiques d’art section Sénégal (AICA).

Le critique d’art Sylvain Sankalé s’entretiendra, le 5 février à la Maison de la culture Douta Seck, avec le public sur le thème du marché de l’art.

FKS/PON