Des photographes exposent sur des questions liées aux droits des femmes
APS
SENEGAL-CULTURE

Des photographes exposent sur des questions liées aux droits des femmes

Dakar, 17 juil (APS) – Le musée Henriette Bathily, sis à la place du Souvenir africain de Dakar, abrite une exposition intitulée "Le parlement des femmes d’Afrique", à l’initiative de 13 photographes venus du Sénégal, du Mali, du Congo Brazzaville, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, a constaté l’APS.
 
A travers cette exposition, ces passionnées d’images jettent ainsi leur regard sur les questions liées à l’égalité, l’équité, la défense des droits des femmes.
 
Les images "très expressives" mettent en lumière dans une scénographie de Khalifa Dieng la vie d’entrepreneuses, la contribution des femmes dans le secteur informel. 
 
Certaines dénoncent les violations verbales et physiques faites aux femmes, l’accès à l’éducation des filles et questionnent le statut de l’homme dans le ménage. 
 
La Congolaise Koukambakana Mathieu Urielle présente un trio de photos intitulé "Sexiste" dans lequel elle montre une jeune femme en robe courte rouge qui inscrit sur ses cuisses des mots comme "pute, dévergondée, chienne, vulgaire, coquette, cochon". 
 
Elle veut briser les règles et parler d’un sujet qui l’interpelle. "Des jeunes filles font des dépressions à cause de ces mots prononcés à leur égard. Les mots blessent. C’est une agression verbale, quelque chose qui touche la société actuelle", souligne-t-elle.
 
La photo est pour Urielle, "un moyen de s’exprimer". "Les mots ne sont pas compressibles par rapport aux images qui impactent plus", dit-t-elle. 
 
La série d’images intitulée "Et si on inversait les rôles", présentée par Ismaïla Diouf attire l’attention par la mise en scène d’un fait inhabituel, un homme s’activant dans les tâches ménagères souvent dévolues aux femmes. 
 
"C’est plus un hommage aux femmes et aux mères et une manière de rappeler aux hommes de soutenir les femmes dans les tâches ménagères. Nous avons sous-évalué la valeur de la femme dans la société", explique Diouf qui expérimente ainsi la technique de photos de studio. 
 
Il est membre du collectif "Sunu Naataal" et de la Fédération africaine sur l’art photographique (FAAP), l’une des partenaires de cette exposition. 
 
D’ailleurs pour le président de la FAAP, le photographe Mamadou Gomis, cette exposition est une restitution d’un atelier de formation tenu du 17 au 28 juin 2019 à Dakar. 
 
Selon lui, le projet date de septembre 2018 et est initié par l’ambassade d’Espagne au Sénégal avec comme formateurs les photographes espagnols David Palacin et Marta Moreiras. 
 
"+Le parlement des femmes d’Afrique+ rejoint l’engagement des femmes photographes dans leur lutte pour la protection des droits des femmes. Il n’y a pas dans le milieu assez de femmes photographes, le projet vise à les accompagner pour leur intégration", souligne Gomis. 
 
Pour lui, "il s’agit aussi de les accompagner pour porter les messages qui touchent les droits des femmes. Car elles sont mieux placées pour porter le combat. Faire une photographie est facile, mais porter un message en image est difficile", selon le photographe sénégalais. 
 
Chargé d’affaire à l’ambassade d’Espagne à Dakar, Zavala Gonzales estime pour sa part que "l’image est un élément central dans la campagne de sensibilisation autour des enjeux qui affectent et interpellent les femmes et la société. L’image parle plus que les mots".
 
Ces œuvres feront l’objet d’une exposition itinérante dans plusieurs espaces culturels en Espagne, selon le chargé d’affaire.


FKS/ASB/OID