Souleymane Bachir Diagne annonce un ouvrage en wolof inspiré du
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Souleymane Bachir Diagne annonce un ouvrage en wolof inspiré du "Dictionnaire des intraduisibles’’

Dakar, 31 déc (APS) - Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne a révélé avoir en projet de publier en langue nationale wolof un ouvrage reproduisant des articles du "Dictionnaire des intraduisibles", un livre de traduction et sur la traduction, estimant que les langues africaines doivent redevenir des langues de création et de science.

"Il est important que nos langues redeviennent ce qu’elles ont toujours été dans le passé, des langues de création, de science. Nous avons la responsabilité de produire des textes dans ces langues", a-t-il avancé dans une interview publiée dans l’édition de lundi du quotidien Le Soleil.
 
"C’est la raison pour laquelle j’ai un projet avec mes amis du département de philosophie de l’UCAD de choisir quelques articles du Dictionnaire des intraduisibles (…) et de le traduire en wolof et d’y ajouter des articles où s’exprimeraient nos propres préoccupations en tant que Sénégalais parlant wolof", a indiqué M. Diagne.
 
"Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles", se veut un manifeste à la fois philosophique et politique pour la diversité des langues. Il a été publié sous la direction de Barbara Cassin, philologue et philosophe française.
 
Selon Souleymane Bachir Diagne, enseignant à l’Université Columbia (Etats-Unis), il "n’y a aucune raison que nos langues africaines restent éternellement des langues d’interaction privée, pour s’entretenir de choses banales et quand il s’agit d’écrire un traité philosophique de passer à une autre langue".
 
"Toutes les langues se complètent. Les langues sont différentes dans les usages qu’elles font de la notion du verbe être, mais toutes les langues sont complémentaires. En revanche, les langues ont des manières d’approche qui diffèrent et qui nous renseignent quelque chose", a fait valoir le philosophe sénégalais. 
 
"Donc, il est important de traduire, de penser de langue à langue pour mettre en perspective précisément les questions philosophiques, pour se rendre compte que ces questions philosophiques, elles-mêmes, sont très dépendantes de la langue dans laquelle elles ont été formulées", a-t-il ajouté.

BK/ASG