Une exposition de tapisseries des MSAD de Thiès en hommage à Senghor
APS
SENEGAL-ARTISANAT

Une exposition de tapisseries des MSAD de Thiès en hommage à Senghor

Dakar, 4 jan (APS) – Une exposition des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (MSAD) de Thiès (ouest) revient sur l’inauguration en 1966 de cette tapisserie et le discours inaugural de son fondateur, Léopold Sédar Senghor (1906-2001), le premier président sénégalais. 
 
L’exposition se tient depuis le 20 décembre dernier, au Monument de la renaissance africaine, à Dakar. Elle prendra fin le 14 janvier. 
 
Son vernissage a eu lieu vendredi 3 janvier, en présence de plusieurs personnalités dont Demba Faye, le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication. 
 
L’exposition met côté à côte une vingtaine de tapisseries des MSAD et des extraits du discours prononcé par Léopold Sédar Senghor à l’inauguration, le 4 décembre 1966, de ladite tapisserie, ce qui, selon Demba Faye, ‘’crée un dialogue entre [cette entreprise artisanale] et son défunt protecteur’’. 
 
Elle dévoile ‘’la démarche utilisée par le président Senghor et les objectifs poursuivis à travers la création de la manufacture nationale’’, a dit M. Faye.
 
En exposant leurs tapisseries et les extraits du discours inaugural prononcé par le chef d’Etat, les MSAD font connaître au public ‘’l’ambitieux projet que nourrissait le président Senghor en mettant en place une politique culturelle bien planifiée, après l’indépendance du Sénégal’’, a-t-il souligné.
 
Léopold Sédar Senghor s’était lancé dans la construction d’infrastructures dont l’‘’expression plurielle de notre art’’ était la finalité, a-t-il rappelé, citant, parmi d’autres, le Théâtre national Daniel-Sorano, le Musée Dynamique, les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs et les Nouvelles éditions africaines du Sénégal.
 
Concernant les initiatives culturelles du défunt chef d’Etat, le responsable de l’atelier de cartonnage des MSAD, Abdou Diouf, estime que ‘’Senghor avait posé les premières briques de ce que l’on appelle aujourd’hui les industries culturelles et créatives, qui sont fondamentales pour le développement d’un pays’’. 
 
Dans un extrait de son discours prononcé à l’inauguration de la tapisserie, le président de la République faisait part de son souhait d’arriver à ‘’une combinaison harmonieuse des connaissances techniques importées et de la culture traditionnelle’’.
 
‘’L’origine de la tapisserie se situe en Afrique, en Egypte, trois mille ans avant Jésus-Christ’’, rappelait-il, ajoutant : ‘’Nous en avons conservé le pagne, [qui est] polyvalent comme toute chose essentielle en Afrique’’.
 
Les extraits du discours inaugural du chef de l’Etat sont en harmonie avec les tapisseries qui ornent la salle d’exposition. C’est parce que ‘’certains artistes s’inspirent de la poésie de Senghor pour créer’’, a expliqué M. Diouf.
 
‘’L’artiste Badara Kamara, qui a signé +Tengo du nègre+, s’inspire beaucoup de la poésie de Senghor pour faire ses œuvres. (…) Il y a aussi les œuvres de Pape Ibra Tall, +Couple royal+, +Femme assise+ de Bakary Diémé’’, énumère le responsable de l’atelier de cartonnage des MSAD.

La manufacture, dont la cérémonie d’inauguration a eu lieu en présence du chef de l’Etat malien de l’époque, Modibo Keïta, avait l’ambition de recevoir des artisans des pays voisins.

FKS/ESF