Mbour : le préfet s’explique sur sa décision d’interdire la sortie du kankourang
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SENEGAL-CULTURE-MESURE

Mbour : le préfet s’explique sur sa décision d’interdire la sortie du kankourang


Mbour, 29 août (APS) – Le préfet du département de Mbour (ouest), Saër Ndao, a précisé lundi n’avoir pas interdit la sortie du kankourang, mais plutôt l’occupation par ce dernier des voies, lieux et espaces publics.
 


‘’Les gens doivent lire le contenu de l’arrêté ; j’ai interdit le kankourang sur les voies, lieux et espaces publics. Le kankourang peut sortir, mais en restant auprès des circoncis, dans les maisons, parce que les maisons sont des domaines publics’’, a notamment déclaré M. Ndao.


Dans une déclaration à la presse, Saër Ndao a rappelé que la voie publique, c’est l’intérêt général et on l’a confiée au préfet qui doit s’en charger. ‘’ Je ne suis pas gardien du temple pour direqui a raison et qui n’a pas raison, mais je suis le garant de l’ordre public et je prendrais mes responsabilités chaque fois que l’ordre public est menacé. C’est ce que j’ai fait en prenant cet arrêté’’, a-t-il martelé.


‘’Lorsque j’ai pris service (le 03 mars 2016), j’ai trouvé cette situation (la divergence au sein de la collectivité mandingue) en place. Il y a deux camps qui s’opposent et les gens ont tout fait pour arrondir les angles. Moi-même je me suis investi dans cette affaire. Des hommes politiques, le ministère de la Culture et des bonnes volontés se sont investis pour trouver une solution. Mais il n’y a pas eu un terrain d’entente’’, a-t-il déploré.


‘’Je me suis dit si on les laisse faire, avec les menaces sérieuses qui fusaient de partout, on pourrait arriver à une situation dramatique. Ce sont des traditions et coutumes et nous n’allons pas nous immiscer dans leur façon de faire. Ma décision est justifiée par une action qui s’est passée. Si cette situation n’existe plus, cette décision ne peut pas demeurer éternellement’’, a-t-il continué.


Pour le chef de l’exécutif départemental de Mbour, la sortie du kankourang ne doit pas être un moment de restriction ou de privation des libertés. ‘’On doit respecter les us et coutumes, mais la liberté est sacrée pour les autres’’, a-t-il fait valoir.



Les négociations sont toujours en cours pour trouver une solution à cette affaire qui défraie la chronique à Mbour. Pour le moment, le seul point sur lequel les deux parties s’accordent, c’est le respect scrupuleux de l’arrêté du préfet.


ADE/ASG