L’identité des peuples du Sud du Sénégal exposée à la place du Souvenir
APS
SENEGAL-PHOTOGRAPHIE-CULTURE

L’identité des peuples du Sud du Sénégal exposée à la place du Souvenir

Dakar, 29 sept (APS) – Le photographe sénégalais Matar Ndour expose depuis, jeudi, à la place du Souvenir africain de Dakar, une cinquantaine de clichés sur "l’identité" des peuples du sud du Sénégal. 

L’exposition met en exergue des images des peuples "Adjamats" ( Diolas de la Casamance, de la Gambie et de la Guinée Bissau), "un peuple qui bouge beaucoup", selon le photographe. 

Le visiteur peut aussi voir celles des peuples "Mandiago", "Sérères", "Béticks", "Bassaris" et "Peulhs" établis dans cette partie sud du pays.

Ils sont habillés en tenues traditionnelles et exhibent leurs plus beaux atours. Certains entrent ou sortent du bois sacré. 

Parmi eux, des étudiants pour la majeure partie, des chefs de service ou autres hauts gradés de l’Armée que le photographe dit rencontrer dans la vie quotidienne à Dakar et qui ont choisi, dit-il, "de tout laisser et d’aller répondre à la culture". 

"C’est cela qui est fondamental : quand la culture appelle, ils préfèrent laisser tout et aller répondre. Je crois que c’est cela qui constitue notre force", souligne le photographe. 

L’exposition de Matar Ndour est un voyage "initiatique" vers le Sud du Sénégal pour découvrir ces autres Sénégalais ayant choisi de rester "authentiques". 

Pour lui qui travaille depuis 2005 sur l’identité culturelle au Sénégal, "cette exposition vise à faire ressortir tous les traits culturels, les identités de ces peuples et les mettre à la disposition du public". 

"Le pays regorge de valeurs, de potentiels inestimables que 90 % des Sénégalais ignorent. On va à la rencontre de ces gens, saisir la réalité fuyante, pour la partager avec tous les Sénégalais pour qu’ils prennent conscience qu’il y a d’autres peuples et d’autres Sénégalais méconnus quelque part dans le pays et qui mènent leur vie tranquillement", explique Matar Ndour. 

L’artiste photographe dit n’avoir pas rencontré de difficultés pour photographier ces personnages. 

"Ce n’était pas difficile. Quand tu passes chez les gens, il faut les respecter dans ce qu’ils sont. Dans chaque village, il y a le comité des sages vers qui il faut aller, discuter avec lui, dire ce que l’on est venu faire et ces sages te diront ce qu’ils en pensent et dans quelle limite tu es autorisé à le faire", fait-il savoir. 

Pour lui, dès qu’il y a cette communication, il n’y a pas de souci à se faire. "Ils sont heureux de voir que des Sénégalais comme eux s’intéressent à eux et à leurs cultures", dit-il. 

Matar Ndour compte aller dans le Nord du Sénégal pour la deuxième étape de son projet. 

L’ouvrage prévu pour accompagner ce voyage photographique est mis en stand by en attendant de trouver un sponsor pour sa publication. 

FKS/ASG/ASB