Le magistrat Ahmeth Diouf aborde le matriarcat dans un ouvrage
APS
SENEGAL-DROIT-LITTERATURE

Le magistrat Ahmeth Diouf aborde le matriarcat dans un ouvrage

Dakar, 15 avril (APS) – Le livre ‘’La gens de droit maternel ou la famille matriarcale’’ est un ‘’apport sur l’interprétation des mythes’’, a indiqué son auteur le magistrat Ahmeth Diouf. 
 

‘’Le mythe n’est pas un langage futile, inutile, comme disait Amadou Hampaté Ba, mais c’est un langage codé, littéraire pur et quand vous le décodez, vous vous rendrez compte que c’est tout un enseignement sur l’histoire de nos sociétés, sur les organisations sociales’’, a dit M. Diouf. 
 
Il a présenté, samedi, son ouvrage au Musée de la femme Henriette Bathily dans le cadre de la série de conférences mensuelles sur ‘’lire sur les femmes et agir’’. 
 
‘’La gens de droit maternel ou la famille matriarcale’’, publié en 2016 par L’Harmattan, analyse, suivant une méthode structurale comment prennent naissance la prohibition de l’inceste et le mariage exogamique des cousins croisés matrilatéraux. 
 
Il retrace certaines organisations sociales qui existaient au 13ème siècle. 
 
Selon la juriste Fatou Kiné Camara, modératrice, l’ouvrage ’’montre comment la société wolof passe de la famille consanguine à la gens de droit maternel’’.
 
Le livre destiné à toute la société, va permettre, selon l’auteur, de ‘’prendre conscience de nous-mêmes et évoluer. De prendre connaissance de soi-même’’. 
 
‘’Ce n’est pas la représentation personnelle que nous faisons de nous qui fait ce que nous sommes, mais ce sont des faits sociaux qui font de nous ce que nous sommes, ce qui donne la confiance et la fierté aux enfants’’, ajoute-t-il. 
 
Ahmeth Diouf, spécialiste du système du matriarcat, estime qu’’’on ne peut pas recréer le système matriarcal’’. Pour lui, ‘’ce qui est important, c’est d’avoir un système social qui prend en charge les droits de chacun’’. 
 
’’Ce qui est important, c’est d’avoir un système social qui prend en charge les droits de chacun, voir comment évoluer en respectant chacun. Ce n’est pas de revenir en arrière, on ne peut pas refaire l’histoire comme elle était, mais la comprendre, la connaitre, nous inscrire dans ce que nous appelons la continuité historique’’, prône Diouf, avocat général à la Cour suprême du Sénégal.
 
’’Il faut savoir que c’est la femme qui pendant cinq siècle faisait l’histoire, c’est un réarmement moral de la femme pour dire qu’on a fait l’histoire, on peut la refaire’’, fait savoir l’écrivain. 
 
 
 

FKS/OID