Un universitaire appelle à
APS
SENEGAL - CULTURE

Un universitaire appelle à "laisser l’art africain réfléchir par lui-même"

Dakar, 4 mai (APS) – Simon Gikandi, professeur de Littérature à Prestonne University du Kenya a appelé, vendredi, à Dakar, à "laisser l’art africain réfléchir par lui-même" et ne pas "l’emprisonner dans un système hégémonique, une technique ou un temps de présentation". 

 
 
"Il s’agit de permettre l’œuvre d’art de parler pour elle-même et à l’art africain de penser" a notamment dit l’universitaire.

Simon Gikandi animait la conférence inaugurale des "Rencontres et échanges" de la 13e Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art) en présence du ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly. 

Pour lui, "il est nécessaire que les sciences sociales et les humanités sachent entendre et suivre les poètes, à entendre par là les créateurs".

"L’art et la pensée africaine, la raison d’être de la Biennale Dakar nous invite à réfléchir sur le rôle de l’art dans la pensée africaine" a dit le professeur de Littérature.

Convoquant les fondateurs de la négritude à savoir Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, etc., "des artistes qui sont devenus des militants", il a souligné que "l’art a été au centre de la réflexion sur l’être africain et le devenir".

"L’art marche toujours devant et permet de penser ce qu’il s’agit de faire advenir dans une véritable décolonisation. L’œuvre d’art est en effet résistance à… et émancipation de…, ces instruments coloniaux qui l’Africanisme qui réduit l’Afrique à un l’enferme dans la spécificité", a-t-dit. 

"Il s’agit moins dans la réflexion de Simon Gikandi d’un discours de construire un discours sur l’art africain que de faire advenir le discours de l’art africain. Il s’agit moins de philosophie à propos de l’art africain que de l’art africain lui-même" analyse le philosophe Souleymane Bachir Diagne.

Le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, le professeur Ibrahima Thioub qui a salué cette réflexion au sein de l’UCAD estime que "stimuler la création, la réflexion, c’est répondre aux défis de l’Afrique".

Les actes des "Rencontres et échanges" de la Biennale de Dakar seront publiés, assure le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly, car selon lui, "ils conditionnent et déterminent l’avenir de l’art".
 

FKS/PON