La peintre Betty Kandé célèbre la femme africaine à travers la ronde de portraits
APS
SENEGAL – CULTURE

La peintre Betty Kandé célèbre la femme africaine à travers la ronde de portraits

Dakar, 7 avr (APS) – L’exposition de l’artiste-peintre Betty Kandé, clôturée, vendredi à l’espace "Waru studio" de Mermoz à Dakar, célèbre la femme africaine à travers "Wendelou - Farandole" ou la ronde de visages des femmes du monde. 
 


Ces portraits accrochés sur les cimaises de la galerie mettent en exergue l’élégance et la beauté de femmes africaines de toutes cultures et de tous pays en s’appuyant sur la coiffure avec les limivores des femmes lébous, les foulards Achonké des Nigérianes. 
 
Il y a aussi les cous ornés de colliers des Sud africaines ou les tenues légères couvrant tout le corps des Maures ou autres Ibadous (communauté religieuse) sans oublier le crane rasé des Kenyanes. 
 
"Je ne voulais pas seulement célébrer la femme sénégalaise parce que je me considère comme Africaine et il se trouve que j’ai vécu dans pas mal de pays africains", justifie la plasticienne sur l’orientation esthétique de son travail. 
 
L’artiste dit honorer aussi "la tradition sénégalaise, les linguères, les Mame Boye", un thème de prédilection.
 
"Il y a aussi ce côté tolérance, ouverture qui est peint. Une femme n’est pas forcément belle parce qu’elle a de longs cheveux bouclés ou tressés ? Au-delà de l’aspect vestimentaire ou de la coiffure, ce sont des femmes, il y a cette solidarité féminine", souligne-t-elle. 
 
Le titre de l’exposition "Wendelou – Farandole" renvoie au "partage, à la célébration et à la fête". 
 
Ces visages de femmes sont peints en noir et blanc rappelant "ce côté nostalgique", parfois ils sont en ocre ou couleur terre "pas très agressif et paisible", selon l’artiste. Le bleu sur certaines toiles fait allusion à la mer. 
 
"Ce sont des couleurs qui viennent de l’Afrique et qui m’attirent", explique l’artiste sénégalaise qui dit dessiner et peindre depuis plus de vingt ans. 
 
L’art est pour Betty Kandé une "échappatoire", un moyen ; dit-elle, "de me faire plaisir" avec de petits moyens comme un bout de tissus, un bout de papier, un crayon ou un pinceau. L’artiste travaille le plus souvent avec la peinture acrylique ou aquarelle. 
 
Betty Kané qui a appris sur le tas au cours de multiples ateliers la peinture, le dessin, le collage, la composition et les lumières dit "accumuler les expériences pour pouvoir proposer de nouvelles tendances". 
 
"C’est important d’être spontanée, mais il faut connaître les règles sur le plan international pour pouvoir faire des propositions" souligne-t-elle.
 
Betty Kandé refuse d’être cataloguée comme portraitiste, car dit-elle, "je fais des paysages, des objets, je travaille sur n’importe quelle matière sur verre, sous-verre, sur corps, sur tissus, etc".
 
Chez Betty Kandé l’art est aussi une affaire de famille, car sa petite sœur Fatou Kandé Senghor, photographe, cinéaste entre autres est connue de la scène artistique sénégalaise et au-delà. 

FKS/PON