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SENEGAL-CULTURE

Immersion dans la "Maison de Ousmane Sow" où "habitent" ses sculptures monumentales

Dakar, 11 mai (APS) – Des sculptures monumentales : "Nouba", "Massaï", "Les Peulhs", entre autres, œuvres du sculpteur, habitent la "Maison de Ousmane Sow", ouverte depuis le 5 mai dernier au public.
 
Cette demeure baptisée "le sphinx" en référence à l’Egypte ancienne, est construite selon les goûts et couleurs de terre, ocre ou verdâtre, de l’artiste, selon ses proches. Elle abrite une exposition "Off" dans le cadre de la 13ème biennale de l’art africain contemporain de Dakar qui se poursuit jusqu’au 2 juin.
 
Dans cette maison, on retrouve les séries de sculptures géantes réalisées par le sculpteur, décédé le décédé le 1er décembre 2016, tout au long de sa carrière. Elles se dressent sur les trois étages du bâtiment, dans des salles portant des noms de personnalités qui lui sont chers : Boris Dolto, Moustapha Dimé, Moctar Sow, Iba Mbaye, Ndary Lo, Gérard Sénac… 
 
La série "Les Nouba", au premier niveau montre des combats de lutteurs du Sud Soudan sculptés et nichés dans la salle Boris Dolto, du nom de l’école de kinésithérapie que Ousmane Sow a fréquenté en France où il s’est rendu après la mort de son père avant les indépendances.
 
"Le combat de lutteurs chez cette ethnie en voie d’extermination où les hommes vivent nus est envisagé comme un rituel qui élève l’esprit", lit-on sur l’un des panneaux qui résume l’idée de création de cette série. 
 
Ces lutteurs "Nouba" qui ont révélé l’artiste au monde ont été aussi exposés à la Documenta de Kassel en Allemagne 1992 et à la Biennale de Venise en Italie en 1995. 
 
Toutes les sculptures de Ousmane Sow façonnées à son image "élèvent" le genre humain d’où les dimensions gigantesques de ses personnages que l’on retrouve dans la série "Zoulou" disposée dans la salle Iba Mbaye, du nom d’un architecte sénégalais. 
 
Les séries "Les Massaï" ou encore "Les peulhs" ornent les autres pièces baptisées du nom de ses confrères artistes sénégalais de renommée mondiale comme lui, à savoir, le sculpteur Moustapha Dimé (1952-1998) et le peintre Souleymane Keita (1947-2014). 
 
Au dernier niveau, on retrouve ceux qui lui étaient chers et à qui il dit "Merci". 
 
Dans cette pièce est réunie son père en premier, Moctar Sow, dont la salle porte le nom d’ailleurs, mais aussi Toussaint Louverture, cet esclave affranchi vers 1760 et dont le destin a tant fasciné Ousmane Sow. 
 
On y retrouve aussi l’écrivain français Victor Hugo, l’homme d’Etat et écrivain français le Général De Gaulle, le héros de la lutte antiapartheid, le président Nelson Mandela et une dernière sculpture d’un homme et d’un enfant.
 
Dans la salle Ndary Lo, des sculptures en miniature sont exposées, une manière de marquer un retour vers les premières pièces réalisées par l’Académicien des Beaux-arts. 
 
Une scène de village est reproduite à la salle Julien Jouga (1931-2001), du nom de ce célèbre choriste sénégalais qui a popularisé le chant choral. 
 
Dans celle dénommée Gérard Sénac (PDG de Eiffage Sénégal), il y a tous les souvenirs de sa nomination à l’Académie française des Beaux-arts en décembre 2013. Des livres et des films qui lui sont consacrés complètent la documentation. 
 
Le sculpteur Ousmane Sow, né le 10 octobre 1935 à Dakar est décédé à l’âge de 81 ans dans la même ville. 
 
A l’âge de 50 ans, il avait décidé de montrer ses sculptures qu’il a débutées depuis l’enfance. Son héritage est ainsi sauvegardé dans sa maison. 


FKS/OID/ASB