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"La lutte contre le terrorisme ne doit pas être uniquement armée", selon l’écrivain Khalil Diallo

Dakar, 30 mai (APS) - La lutte contre le terrorisme ne doit pas être seulement armée mais comporter une dimension idéologique, politique et culturelle, affirme l’écrivain sénégalais Khalil Diallo, auteur d’un roman consacré à la problématique du radicalisme religieux.

Intitulé "A l’orée du trépas", ce roman paru 2018 aux éditions "L’Harmattan Sénégal", était présenté mercredi par l’auteur au Goethe Institut, à Dakar.
 
"La lutte contre le terrorisme doit être idéologique, politique et culturelle", pas seulement armée, a indiqué Khalil Diallo, soulignant avoir écrit ce roman pour mieux comprendre ce qui pousse les jeunes à devenir djihadiste. 
 
Ce roman porte ainsi que les pérégrinations de Ismaïla, un jeune homme élevé dans la pure tradition islamique, qui s’est radicalisé pour devenir un terroriste après la mort accidentelle de sa copine. 
 
Pour son auteur, loin d’être un récit faisant l’apologie du terrorisme, "A l’orée du trépas" se veut plutôt "une histoire d’espérance contre l’obscurantiste, contre tous régimes totalitaires". 
 
Khalil Diallo, qui fut un ’’Ibadou’’, référence au mouvement de la "Jamaatou Ibadou Rahmane’’, considéré comme une branche rigoriste de l’islam, juge que "quand on a été face à l’extrême, on ne peut plus replonger".
 
Aussi il s’est documenté sur le djihadisme, a regardé des vidéos, films documentaires et lu des textes sur l’histoire de l’islam pour écrire ce roman inscrit qui se veut réaliste.
 
’’A l’orée du trépas’’ a été suscité par la "découverte surprenante" d’une personne que l’auteur avait connue en 2013, laquelle personne est devenue entre temps "un terroriste".
 
L’auteur a révélé avoir décidé d’écrire ce livre après une relecture de "L’étranger" de l’écrivain français Albert Camus, son auteur préféré. 
 
Khalil Diallo, finaliste du "Prix orange du livre en Afrique" et sélectionné pour le "Prix Kourouma", estime que "le vrai problème de la littérature africaine est la circulation du livre sur le continent". 
 
"Le livre ne circule pas en Afrique", souligne celui qui veut voir la littérature africaine rayonner hors des cercles parisiens, surtout que cette dernière "attire du monde, beaucoup de lecteurs sont attirés par l’imaginaire noire".
 
"Il y a eu un passage à vide, mais aujourd’hui, des auteurs comme Alain Mabanckou (...), les jeunes sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, El Gass, etc., font émerger la littérature africaine", soutient-il.
 
 

FKS/BK