La formation aux besoins du marché, gage de la promotion de la danse (chorégraphe)
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SENEGAL-CULTURE

La formation aux besoins du marché, gage de la promotion de la danse (chorégraphe)

Dakar, 15 mars (APS) - La promotion de la danse doit s’appuyer sur une formation adaptée aux besoins du marché et à la création d’espaces dédiés à la chorégraphie, a soutenu mercredi, à Dakar, Jean Tamba, directeur artistique de la compagnie de danse dénommée "La 5ème dimension".
 
"La danse pour moi est comme l’informatique. Elle évolue et pour être en phase avec les réalités, il faut une formation adaptée aux besoins, sinon, cette manière classique de former des danseurs ne créera que des chômeurs, après leur formation", a-t-il déploré. 
 
M. Tamba s’exprimait à l’occasion d’un séminaire au Musée Théodore Monod d’art africain, axé sur le thème : "Politiques culturelles au Sénégal". 
 
"Partout au Sénégal, nous voyons des jeunes très dévoués à la danse. L’envie est là, le besoin de s’insérer dans la vie active est visible. Même à travers les rues où ces jeunes préfèrent étaler leur talent, le constat est le même", a relevé Jean Tamba, premier créateur d’une compagnie de danse contemporaine au Sénégal. 
 
Intervenant sur le thème "Le Plan Sénégal émergent : quelles solutions pour la danse", il a estimé que "c’est la formation répondant aux besoins du marché qui fait défaut".
 
Selon lui, "même à l’Ecole nationale des arts (ENA), des gens ont été formés, [mais se sont retrouvés] à ne rien faire". 
 
Jean Tamba indique que le sous-secteur est gangréné par des problèmes, citant le "manque d’espaces de danse, de créateurs de lumière, de créateurs de son et de production, de la circulation des œuvres". 
 
"Tous ces problèmes font que les chorégraphes sont très souvent confrontés à des difficultés dans leur travail", a encore déploré le directeur artistique de la compagnie de danse "La 5ème dimension", ajoutant que "ce n’est pourtant pas la main d’œuvre ou le talent qui manque". 
 
M. Tamba invite les autorités à concrétiser l’inscription du volet culturel dans l’agenda du PSE, en accordant une part importante à la formation des acteurs culturels. 
 
"Le Plan Sénégal émergent a inscrit certes la culture dans ses projections. Mais, il faut véritablement un fond qui pourrait aider les artistes à se former", a-t-il suggéré. 
 
Pour sa part, la chorégraphe Sénégalo-somalienne, Gacirah Diagne, directrice artistique du festival "Kaay feec", salue le caractère "autodidacte" des promoteurs de la danse urbaine. 
 
"C’est véritablement en 2005 que des professionnels de la danse urbaine ont eu à bénéficier de formations sporadiques(…)", a-t-elle rappelé. 
 
Gacirah Diagne, par ailleurs conseillère technique au ministère de la Culture, en charge des danses urbaines, a plaidé aussi pour que les autorités appuient la culture dans toute sa diversité, et la danse en particulier.


YB/ASB/ASG