L’Etat va davantage investir dans la culture pour valoriser le patrimoine (ministre)
APS
SENEGAL-CULTURE

L’Etat va davantage investir dans la culture pour valoriser le patrimoine (ministre)

Dakar, 28 déc (APS) - L’Etat du Sénégal va consacrer davantage d’investissements à la culture pour valoriser le patrimoine national, a indiqué le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, vendredi, lors de la célébration de la journée nationale du patrimoine.

Le gouvernement, a souligné M. Coulibaly, est aujourd’hui préoccupé par la dimension économique du secteur, ce qui fait, dit-il, que "le chef de l’Etat a décidé de consacrer des investissements plus importants à la culture, pour nous permettre de valoriser ce que nous avons comme patrimoine, comme sites culturels, les identifier et les répertorier". 
 
Il n’a cependant pas dévoilé le montant des investissements que l’Etat compte dédier au secteur, se bornant à dire qu’ils sont pris en compte dans les axes 2 et 3 du Plan Sénégal émergent (PSE), le référentiel des politiques publiques. 
 
Pour Abdou Latif Coulibaly, il s’agit de donner une dimension "plus attractive" à ces sites pour une "prise de conscience de ce qui est notre identité propre", comme avec l’inauguration, dimanche dernier, du musée Lat-Dior, du nom du héros national, à Dékheulé, dans la région de Louga. Il annonce par ailleurs la construction de musées des royautés et chefs traditionnels à travers le pays. 
 
Le ministre estime que les politiques culturelles mises en place au Sénégal depuis le président Léopold Sédar Senghor "n’ont de sens" que dans la seule mesure où elles participent au développement économique du pays. Abdou Latif Coulibaly a évoqué l’exemple de la France qui investit 21 milliards d’euros dans la culture, laquelle génère en retour 55 milliards d’euros par an.
 
Le défi et les enjeux restent la problématique de la transmission du patrimoine qui doit se faire au moyen de tous les supports existants, a affirmé M. Coulibaly qui s’exprimait au Monument de la renaissance africaine, en présence du nouveau directeur du bureau régional de l’UNESCO à Dakar, Dimitri Sanga.
 
Ce dernier invite les Etats africains à investir davantage dans la sauvegarde du patrimoine pour en récolter les retombées économiques. ’’L’UNESCO a toujours invité les pays africains à investir dans la valorisation et la transmission du patrimoine culturel, car nous voulons qu’au-delà, ils puissent bénéficier des retombées économiques de ce patrimoine’’, a dit M. Sanga. 
 
A cette occasion, la troupe théâtrale de la région de Ziguinchor, lauréate du dernier Festival national des arts et de la culture (FESNAC) organisé en décembre 2017 à Louga, a présenté une pièce intitulée "Les ambassadeurs", qui résume l’apport économique de la culture dans une localité donnée. 

"Nous voulions éveiller la population et les politiciens sur notre métier d’artiste, nous ne le faisons pas pour faire rire, mais c’est un métier noble. (…), c’est un métier qui constitue un levier de développement économique pour dire que la culture peut être un pilier du développement", a souligné Insa Bodian, comédien. 
 
Les chants "ngoyane" avec Khady Mboup, les danses diola et lébou, dont le ndawrabine, etc., ont égayé le public venu nombreux pour célébrer la Journée nationale du patrimoine, portant sur le thème La Journée nationale du patrimoine porte sur le thème ’’L’identité culturelle, socle de la renaissance africaine’’.

FKS/ASG/BK