L’artiste sénégalaise Samira Fall concilie slam et poésie
APS
SENEGAL-CULTURE

L’artiste sénégalaise Samira Fall concilie slam et poésie

Dakar, 29 oct (APS) – La slameuse sénégalaise et auteur du recueil de poèmes "Oxymoriques’’, Samira Fall, dit ne pas dissocier le Slam, cet art oratoire qui combine mots et rythmes, de la poésie, estimant qu’ils sont, à ses yeux, complémentaires dans la mesure où "le slam part de la plume pour aller à la langue’’.
 
‘’Je ne dissocie pas la poésie du slam (…), ils sont complémentaires’’, a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de présentation de son recueil de poèmes "Oxymoriques’’, samedi après-midi, à la place du Souvenir.
 
Oxymoriques est un recueil où elle tente de mettre en relief les profondes dualités qui ont marqué sa vie. ‘’Oxymoriques, c’est moi, ma vie dans sa plénitude, de 13 à 23 ans’’, a-t-elle indiqué.
 
En effet, les textes proposés portent sur une période de 10 ans. Dans les premiers poèmes, on sent nettement l’innocence et la naïveté de l’adolescente qui se sert de sa poésie comme moyen. 
 
Il s’agissait, selon elle, suite à la disparition de son père, de noyer son chagrin dans la poésie, de diversifier ses peurs et ses frustrations dans un environnement où le poids social constitue un fardeau insoutenable.
 
Mais, au fil des années et des chapitres, Samira Fall transporte le lecteur dans un univers plus singulier, notamment dans sa façon d’attaquer et de tenter de déconstruire les diverses thématiques qu’elle aborde.
 
A travers les dix chapitres de l’ouvrage qui retracent un parcours accidenté, la jeune slameuse de 23 ans parvient à faire redécouvrir dans toute sa splendeur l’oxymore, une figure de style avec laquelle elle dit entretenir une relation particulière.
 
De son vrai nom Marième Absa Fall Coulibaly, Samira Fall, a commencé à écrire à l’âge de 13 ans des poèmes, dont plusieurs furent récompensés par des prix de poésie durant tout le long de son cursus scolaire.
 
Rédactrice web de profession, elle a fait ses premiers pas dans le milieu du slam en 2014, participant aujourd’hui à de grandes rencontres internationales, comme le Festival international de slam et d’humour du Mali, ou encore le Festival ‘’libres en slam’’ en Belgique où elle a eu à représenter le Sénégal.
 
Samira Fall se positionne ainsi comme un trait d’union entre la poésie et le slam
 
Comme pour matérialiser ses propos et démonter au public que la frontière entre ces deux arts n’est pas si étanche, la slameuse poète, accompagnée d’une guitare et d’une kora, a gratifié le public, venu nombreux, d’un concert à travers lequel "la plume donne de la voix’’.

MK/ASG