Kolda : les griots ne sentent pas ’’l’odeur de la marmite’’
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SENEGAL-PRESIDENTIELLE-CAMPAGNE

Kolda : les griots ne sentent pas ’’l’odeur de la marmite’’

Kolda, 12 fév (APS) - Une semaine après le démarrage de la campagne pour l’élection présidentielle de 2019, les griots du Fouladou ne sentent pas « l’odeur de la marmite », avec un chiffre d’affaires en berne.

 
Presque incontournables, autrefois, pour la mobilisation et l’animation des manifestations politiques, notamment en période de campagne électorale, les griots sont aujourd’hui supplantés par des hauts parleurs et baffles utilisés pour diffuser de la musique et autre publicité pour le compte des acteurs politiques. 
 
« Nous avons des difficultés devant les organisateurs des meetings politiques et autres cérémonies, les gens utilisent les chaines à musique dans les baptêmes et même les mariages », regrette un batteur de tam-tam qui accompagne des cantatrices.
 
Selon lui, « pour les politiciens le griot n’est plus important, on fait moins attention à nous dans les organisations où il y a aussi de gros hauts parleurs qui animent à notre place ».
 
S’inquiétant de l’avenir des griots dans la société, il déplore que leurs activités ‘’ne sont plus rentables’’
 
Les artistes griots du Fouladou qui évoluent souvent en groupes passent d’un camp à l’autre pour essayer de gagner leur vie auprès de certains acteurs politiques qui restent toujours nostalgiques des sonorités et rythme des tam-tams accompagnés de danses traditionnelles . 
 
Si dans les années 80-90, les griots, en période de compétition électorale, gagnaient beaucoup d’argent, ce n’est pas le cas actuellement, particulièrement pour la campagne présidentielle de 2019. 
 
« La période des élections, qu’elles soient locales ou présidentielles, était pour nous comme la traite arachidière chez les paysans. Je me souviens, j’étais un jeune violoniste dans le groupe de Mamadiyel et après chaque manifestation on rentrait avec beaucoup d’argent », se souvient le chef du groupe de la troupe de feu Mamadiyel.
 
« Chaque membre du groupe pouvait avoir plus de 20.000 francs. Aujourd’hui je suis responsable du groupe mais j’avoue qu’on entre de gauche à droite dans les manifestations, on obtient, à peine, 5000 FCFA après partage », se désole-t-il.
 
 

MG/MD