Jeux de la francophonie : des danseurs mettent en rythme leur vécu
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SENEGAL-DANSE-CULTURE

Jeux de la francophonie : des danseurs mettent en rythme leur vécu "personnel"

+++De l’envoyée spéciale de l’APS : Fatou Kiné Sène+++
 
Abidjan (Côte d’Ivoire) – Les danseurs de différents pays participant aux 8èmes Jeux de la Francophonie d’Abidjan ont présenté dimanche et lundi soir des "histoires personnelles", des prestations qui marquent l’entrée en scène de la discipline "danse et création". 
 
Les compagnies de danse canadienne, sénégalaise, française, gabonaise et vietnamienne se sont succédé pour raconter un vécu voire un parcours.
 
C’est le cas d’"Art’Corps" du Gabon. Le chorégraphe Gabonais Ibaghino Hans Peter Diop a raconté l’histoire de sa vie à travers la pièce d’"Une rive à l’autre". Diop s’est inspiré de son vécu de petit garçon très complexé par rapport à des camarades "nantis" qui portaient toujours de belles chaussures.
 
Le mouvement du corps de ses trois danseurs renvoie à l’idée d’une domination, d’une supériorité. Les gens jugent les autres par rapport à ce qu’ils présentent,"mais ils ne savent pas exactement comment tout cela s’est fait", dit-il.
 
Le travail en amont doit être valorisé au même titre que le rendu, selon l’artiste gabonais d’origine sénégalaise. 
 
Les Sénégalais de la compagnie "Pastef", représentant du pays aux 8èmes Jeux de la Francophonie, ont quant à eux montré un tableau à plusieurs entrées à la fois sur les talibés, la violence faite aux femmes ou encore sur l’assistance constante à l’Afrique.
 
Le chorégraphe a fait raisonner des voix comme celui du Professeur Cheikh Anta Diop pour un changement de comportement. Leur pièce, intitulée "Terre", appelle à une "prise de conscience", selon le chorégraphe-danseur, Oumar Sène.
 
Dans une danse ressemblant à un corps à corps plein d’énergie, de "combat d’hommes" serait-on tenté de dire, un trio d’interprètes français, le groupe "Soul City" (l’un des plus anciens groupes de break dance de l’Ile de la réunion) reproduit la "notion de relation humaine".
 
La chorégraphie du français Didier Boutiana renvoie au break dance. "Toutes les émotions que l’on peut ressentir dans une relation sont traduites dans cette pièce, que ce soit le duel, l’amitié, la trahison, la solidarité, des notions de groupe et d’exclusion entourent cette performance", explique le chorégraphe
 
Ces jeunes danseurs venant de l’île de la Réunion, se réclament "banlieusards" et l’expriment par ce refus de laisser les choses en l’état.
 
Ainsi, différentes problématiques sont évoquées par les danseurs durant ces 8èmes Jeux de la francophonie qui se poursuivent jusqu’à dimanche un peu partout dans la capitale économique ivoirienne. Les phases de poule continuent pour la compétition en attendant les sélections à l’issue des passages de ce mardi.

FKS/ASB/ASG