Festival du court-métrage méditerranéen : un panorama d’œuvres marocaines au programme
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MAROC-CINEMA

Festival du court-métrage méditerranéen : un panorama d’œuvres marocaines au programme

+++De l’envoyé spécial de l’APS : Aboubacar Demba Cissokho+++

Tanger, 5 oct (APS) – Les projections de films de la 15-ème édition du Festival du court-métrage méditerranéen de Tanger ont débuté mardi matin par un beau panorama d’œuvres marocaines, représentatives des points de vue, tendances esthétiques et démarches esthétiques observées chez différents cinéastes depuis une dizaine d’années. 


Pour deux d’entre eux, ayant réalisé depuis au moins deux longs-métrages, Hicham Lasri et Mohamed Mouftakir, l’on voyait très clairement déjà les lignes fortes d’un langage cinématographique propre fait de rupture dans la construction du récit, pour le premier, et d’… pour le second.

Dans ‘’Android’’, réalisé en 2005, Lasri suit Badass, une jeune femme qui fait ses besoins dans une décharge publique. Elle est poursuivie – elle en devient obsédée - par un Android qui n’a pas de visage précis, prenant tour à tour le visage de figures connues du monde des arts et de la politique. 

Yassine Fennane, lui, pose la question du degré de sincérité dans une relation amoureuse avec ‘’Chemise blanche, cravate noire’’ (2005) : Issam qui achète une cravate dans une boutique de Casablanca, invite sa nouvelle conquête et lui promet un cadeau. Ce que celle-ci refuse, parce qu’elle estime que la relation venait à peine de commencer.

Le sujet de la mémoire et des réminiscences au sujet sont au cœur des films ‘’Sang d’encre’’ de Leila Triqui (2005), et ‘’La danse du fœtus’’ de Mohamed Mouftakir (2005), des œuvres quasi cérébraux nécessitant, de la part du spectateur, une attention particulière pour comprendre et dénouer l’intrigue de l’histoire.

Devant le risque de voir se rompre le lien qu’entretient une jeune fille de 15 ans avec son maître à penser, Leila Triqui construit une trame autour de la valeur symbolique du legs – un stylo - que celui-ci lui laisse le jour de sa disparition. Pour Mouftakir, c’est une femme qui décide d’avorter en s’isolant dans un bungalow où elle boit une infusion de plantes. Mais l’esprit des lieux la saisit, lui donnant des sensations étranges.

‘’A ton chevet’’ de Abdeslam Kelai (2008) est une chronique sur la patience, le courage et la détermination d’une mère à rendre la vie de son fils cloué au lit par une maladie chronique. Le ton social et la sensibilité humaniste de ce court-métrage lui donnent une dimension esthétique très forte.

ADC/ASG