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SENEGAL-ARTS

"Condoléances, les larmes de la peinture", une exposition en hommage aux artistes disparus

Dakar, 21 fév (APS) – L’exposition "Condoléances, les larmes de la peinture", de l’artiste-peintre sénégalais, Cheikh Niass, ouverte mardi à la galerie nationale de Dakar, rend hommage aux artistes disparus, a appris l’APS.
 
"C’est seulement l’âme noble, qui meurt, mais qui ne meurt pas à la fois. La noblesse, c’est en mourant et que d’autres pensent à nous, qu’on a, à une étape donnée, participé à leur vie, qu’on a été important quelque part", explique Cheikh Niass qui vit aujourd’hui en Autriche.
 
A travers quarante-six toiles de supports et de formats variés, l’artiste se souvient de ses ‘’amis décédés’’, ceux-là même qu’il qualifie "d’âmes nobles". Selon l’artiste, ils sont partis, mais "ils ne sont pas morts". 
 
L’artiste-peintre estime que "la noblesse n’est rien d’autre que ce pouvoir de partager et de regarder autour de soi". Cheikh Niass fait ainsi son deuil pour "ses amis", "ses compagnons" qui lui étaient chers et avec qui, il a partagé des choses. 
 
Sans citer de noms, il fait allusion à toute la communauté artistique disparue sur ses toiles accrochées sur les murs et le plafond de la galerie, même s’il reconnait avoir eu "des relations beaucoup plus proche avec certains d’entre eux". 
 
L’exposition "Condoléances, les larmes de la peinture", à voir jusqu’au 6 mars, permet à l’artiste de partager sa souffrance. "C’est une manière de partager mes souffrances avec le public, puisqu’il a eu l’occasion de les accompagner jusqu’à leur dernière demeure, (…), je n’étais pas là, toute cette souffrance est là", explique l’artiste qui estime qu’il était nécessaire d’honorer ces disparus. 
 
Les peintures de Cheikh Niass sont déclinées en trois séries "Aux âmes nobles", "Bawnann" et "Emancipation", sur des toiles de jute, de lin, voile indien ou sur bâche, une manière d’aller à l’essentiel et d’insister sur la liberté. 
 
Elles montrent des personnages en arrière-plan sous forme d’ombre avec des couleurs gaies qui marquent l’espoir. "Ces ombres sont les empreintes de ces artistes, leurs traces, ils ne sont pas partis dans le néant, ils ont laissés des choses que nous avons la responsabilité de poursuivre", dit-il
 
Cheikh Niass a fréquenté l’Ecole des arts de Dakar de 1986 à 1991 puis l’"Akademie der Bildenden künste" á Vienne (2005-2010). Il a choisi de s’installer à Tulln An Der Donau en Autriche.
 


FKS/ASB/OID