Birane Niang, SG du ministère de la Culture : ’’Faire des langues africaines un objet d’études scientifiques’’
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SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE

Birane Niang, SG du ministère de la Culture : ’’Faire des langues africaines un objet d’études scientifiques’’

Dakar, 26 juin (APS) - Le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, a souligné mercredi à Dakar la nécessité de faire en sorte que les langues africaines soient l’objet "d’études scientifiques".

"Il est nécessaire qu’au-delà de leur vocation strictement rationnelle, les langues puissent être l’objet d’études scientifiques, d’aménagements politiques pour des usages responsables et pertinents fondés sur l’équité", a-t-il dit. 
 
Il présidait l’ouverture d’un séminaire régional de sensibilisation pour le renforcement des politiques d’aménagement linguistique dans l’espace francophone du sud, organisé à Dakar par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en présence de sa directrice langue française, culture et diversité Youma Fall. 
 
M. Niang a rappelé à ce sujet les travaux scientifiques du professeur Cheikh Anta Diop, dont une bonne partie des thèses consiste en des analyses des "parentés linguistiques, génétiques fortes" liant par exemple l’égyptien ancien aux langues du Sénégal. 
 
Il en est de même selon lui du professeur congolais Théophile Obenga, disciple du savant sénégalais qui a poursuivi le même travail sur les langues bantus. 
 
Les politiques d’aménagement linguistique, "nécessaires dans l’espace francophone, notamment celui du sud, gagneraient à s’inspirer de ces types d’orientation scientifique pour reconnaître et valoriser les diversités, créer les ponts entre les peuples qui ont beaucoup à partager", a indiqué Birane Niang.
 
Selon lui, "la question linguistique ne doit pas être en effet une source de peurs et de crispation, mais une donnée qui facilite aussi bien le dialogue des cultures que la qualité de l’éducation, à travers en particulier la transition des langues nationales vers le français". 
 
Youma Fall, la directrice langue française, culture et diversités à l’OIF, note de son côté que "langue et culture sont indissociables". 
 
"La langue est un élément de différenciation des cultures, et la culture est un acteur et un outil du développement durable. Pour parler de gouvernance linguistique, on est obligé de parler de culture, de diversité culturelle, de l’autre dans sa différence et son altérité, et c’est tout cela qui participe à la cohésion sociale, l’équilibre de la société et au développement", explique-t-elle. 
 
Les formateurs et experts intervenants ont tour à tour souligné l’intérêt et l’importance des politiques d’aménagement linguistique. 
 
Des interventions qui ont permis d’échanger avec les participants sur des outils et grilles d’analyse et de compréhension des politiques d’aménagement linguistique. 
 
Amidou Maïga, conseiller technique du ministre de l’Education nationale du Mali et maître de conférences à l’Université de Bamako, a par exemple tenu à faire le distinguo entre aménagement linguistique et politique linguistique. 
 
"La politique linguistique renvoie aux choix politiques à faire, ainsi, quand on aura arrêté la stratégie, ces choix sur les langues, c’est en ce moment que l’on passe dans un second temps à l’aménagement, la mise en œuvre des politiques choisies. Ce sont deux étapes différentes", explique-t-il. 
 
Selon lui, il faut que l’Organisation internationale de la Francophonie "aide d’abord les pays à formuler les politiques linguistiques, et cela implique des choix, avant de parler d’aménagement". 
 
Ce séminaire qui prend fin vendredi réunit plusieurs pays africains, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, les Comores, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Mali, la RDC et le Sénégal.

FKS/BK/ASG