Baaba Maal parle de la part de doute dans une carrière artistique
APS
SENEGAL-MUSIQUE

Baaba Maal parle de la part de doute dans une carrière artistique

Dakar, 1er fév (APS) - Le lead-vocal du Dande Lenol, Baaba Maal, a souligné la part de doute et d’essoufflement dans la carrière d’un artiste, des moments qui, assure-t-il, le poussent parfois à "reprendre la route" pour chercher l’inspiration qui a favorisé ses compositions d’il y a 10-20 ans.
 
L’essoufflement "arrive toujours et cela se voit surtout entre mes grandes productions", a-t-il déclaré dans un entretien paru dans l’édition de jeudi du quotidien national Le Soleil.
 
"Au début, on produisait des albums presque chaque année puis tous les deux ans. Quand j’ai sorti +Missing you+, qui était plutôt traditionnel, je suis resté dix ans avant de sortir un autre album, +Television+", a expliqué Baaba Maal.
 
"Entre celui-ci et +Traveler+, un long temps s’est écoulé. Car, entre les tournées et les concerts, les studios, les enregistrements, on est quelquefois essoufflé. C’est humain", ajoute le musicien.
 
Selon lui, cette situation est à l’origine d’une "envie de se renouveler à chaque fois. Et pour le faire, il faut regarder derrière pour voir ce qui a accroché, ce qu’on a fait, ce qu’on a envie de dire, quelles sont les attentes, où trouver l’inspiration".
 
"Il y a toujours cette anxiété, a reconnu Baaba Maal. On se demande si on va rester qui on est réellement. C’est pourquoi j’ai envie de reprendre la route (...), à la recherche de cette sensibilité et de cette inspiration qui nous avaient habités, Mansour Seck et moi, pour écrire des chansons que nous avions composées il y a 10, 20 ans".
 
Il est ainsi revenu à ses débuts, époque au cours de laquelle lui et ses compagnons avaient investi le Boundou, une région naturelle de l’est du Sénégal, où ils avaient séjourné six mois, pour s’imprégner des répertoires des populations locales, en interrogeant griots et historiens sur "le sens des chansons".
 
"On envoyait un précurseur annoncer notre venue dans les villages que nous sillonnions. Et les gens nous accueillaient. Nous avons fait plus de 300 localités. Nous n’étions pas connus, mais notre insouciance et les rencontres ont rendu ces moments agréables", se rappelle le musicien.
 
"J’ai dit à certains de mes amis que je vais essayer, un jour, je ne sais pas si c’est possible, de repartir à l’aventure sans aucune planification et avec beaucoup de simplicité", histoire de renouer avec ces moments-là", a confié le lead-vocal du Dande Lenol.
 
Si l’on en croit Baaba Maal, "il y a une force qui vit dans le corps, dans l’âme, dans la voix de l’artiste. A chaque fois qu’on s’essouffle, qu’on n’a pas la maîtrise de sa capacité artistique, il y a cette anxiété qui se mue en révolte artistique qui prend le dessus".
 
L’artiste a "peut-être besoin de cet essoufflement, de ce doute, de cette peur avant de monter sur scène. Cet instant est producteur d’émotions. Et cela se ressent dans la voix, dans l’écriture", fait-il valoir. 
 
"Il y a des sensations que même le public ressent. Et pour que l’âme de l’artiste ne se corrompe, pour être égal à lui-même, il ne doit pas canaliser tout cela", analyse Baaba Maal.

BK/ASG/OID