Abdoulaye Diop pour des solutions à la
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SENEGAL-CULTURE

Abdoulaye Diop pour des solutions à la "désaffection’’ vis-à-vis du livre

Dakar, 9 oct (APS) - Le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, invite les acteurs du livre à une réflexion pour des solutions à la ’’désaffection’’ du public vis-à-vis du livre et de la lecture, dans le cadre d’une discussion élargie.
 
Abdoulaye Diop se dit disposé à s’impliquer dans la recherche de solutions à ce problème, de concert avec les professionnels du secteur, afin que le livre "soit en phase avec le lectorat". 
 
La désaffection vis-à-vis de la lecture "est un problème. C’est bon d’avoir une discussion élargie avec les gens du livre, du scénario et des télévisions pour voir aujourd’hui s’il n’y a pas une autre manière de lire qui n’est pas forcément d’ouvrir le livre pour la nouvelle génération’’, a-t-il déclaré.
 
Le ministre de la Culture effectuait mardi une visite à la Maison des écrivains du Sénégal "Keur Birago" au Point E, à Dakar, où il a été reçu par une délégation conduite par le président de l’Association des écrivains du Sénégal, Alioune Badara Bèye. 
 
Etaient présents, des écrivains de renom comme Rahmatou Seck Samb, lauréate 2017 du Grand Prix du chef de l’Etat pour les Lettres, Seydou Sow, lauréat du même prix en 1998, le professeur Abdoulaye Racine Senghor, membre du jury du "Prix des cinq continents de la Francophonie". 
 
Il y avait aussi la présidente du comité scientifique de la prochaine Foire du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) prévue en novembre, Mariama Ndoye Mbengue. 
 
Selon Abdoulaye Diop, "tant qu’on n’est pas en phase avec les besoins du lectorat, le secteur du livre ne sera pas en phase". 
 
Le livre reste l’affaire d’une certaine élite, constate le ministre de la Culture et de la Communication. "Il faut qu’il soit accessible à tous", a-t-il dit, avant de préconiser "une politique cohérente du livre et de l’éducation".
 
Il répondait, sur ce point, à une interpellation du colonel Momar Guèye sur les mécanismes de sélection des livres inscrits au programme des écoles.
 
Selon Momar Guèye, par ailleurs président de l’antenne sénégalaise du PEN (Poètes essayistes et nouvellistes), seuls les ouvrages de la première génération d’écrivains, comme "Sous l’Orage" de Seydou Badian, "L’Enfant noir" de Camara Laye ou "Une si longue lettre de Mariama Ba", continuent d’être enseignés à l’école.
 
"On doit pouvoir renouveler dans les programmes les livres en fonction de l’enjeu du moment, c’est un accord tacite que nous pouvons avoir avec le ministère de l’Education nationale", a répondu Abdoulaye Diop. Ce qui selon lui est valable pour la diffusion du livre dans les écoles. 
 
"Si nous-mêmes, dans notre pays, on n’arrive pas à diffuser le livre dans nos écoles et permettre à nos élèves de s’en approprier, c’est un problème", a relevé Abdoulaye Diop, qui plaide pour qu’un quota soit réservé aux éditeurs nationaux face à la concurrence des multinationales de l’édition. 
 
"Nous avions envoyé un certain nombre de courriers parce que les gens qui donnent l’argent sont des multinationales ; ils vont nous imposer une certaine ouverture du marché. On sait qu’on n’est pas compétitif par rapport aux autres, que l’on donne un quota, c’est une question de souveraineté", martèle-t-il. 
 
Le ministre estime que ce combat doit être celui de tous les acteurs et non de son seul département. "Si l’édition ne marche pas, vous aurez du mal, tous ces métiers sont liés", dit-il. 
 
Il a réitéré l’engagement de l’Etat à soutenir le livre comme il a fait avancer les projets du "Mémorial de Gorée" et du "Mémorial du bateau Le Joola". 
 
"Nous avons la chance d’avoir quelqu’un qui a la culture au cœur de ce qu’il a envie de faire. C’est le président de la République qui prend notre défense lorsqu’il y a des arbitrages budgétaires, il est l’avocat de la culture", affirme Abdoulaye Diop.
 
Abdoulaye Diop a par ailleurs salué "le rôle fondamentalement important" joué par le monde de la culture pour hisser l’aura du Sénégal à travers le monde. 
 
Les écrivains, se disant réjouis par cette visite, ont fait part au ministre de leurs doléances et du programme de la "Journée de l’écrivain africain" devant être commémorée du 7 au 12 novembre prochain.


FKS/BK/ASG