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20 ans d’existence : l’AMS veut impulser une véritable chaîne de solidarité dans le secteur
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SENEGAL-MUSIQUE

20 ans d’existence : l’AMS veut impulser une véritable chaîne de solidarité dans le secteur

Dakar, 4 déc (APS) - L’Association des métiers de la musique du Sénégal (AMS) qui fête samedi prochain ses 20 ans d’existence veut impulser une véritable chaîne de solidarité dans le secteur, selon son président.

’’La commémoration des 20 ans de l’AMS va être ponctuée de messages de sensibilisation afin qu’une véritable chaine de solidarité soit créée pour conjuguer les efforts de toute personne ou entité désireuse de faire bouger les lignes’’, a soutenu Daniel Gomes.

En conférence de presse, mercredi, il est revenu sur les ’’réalisations notables’’ de l’association, citant la mise en place de la nouvelle société de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV), la création d’une commission genre ou encore l’élaboration du projet de loi sur le statut de l’artiste.

L’AMS a travaillé à la rédaction d’un plan d’actions détaillé, en vue notamment de lever les ambiguïtés relatives à la relation d’emploi applicable aux musiciens, a t-il souligné.

’’Nous espérons aboutir à un accord collectif d’ici à la fin de l’année et, à terme, avec la loi sur le statut de l’artiste à une généralisation du statut de travailleur étendue à tous les acteurs du secteur’’, a indiqué M. Gomes.

Il est, selon lui, ’’inadmissible de voir que la plupart des musiciens du Sénégal perçoit en moyenne cinq mille FCFA par prestation et ne bénéficie d’aucune protection sociale devant être dignement accordée à tout travailleur’’.

L’AMS compte près de 3000 membres sur le papier. Mais rares sont ceux qui paient régulièrement leurs cotisations annuelles, a déploré Daniel Gomes.

’’Ces derniers en constituent à peine le dixième du total des adhérents. Or, une association vit de la cotisation de ces membres qui s’élèvent à 12.000 F/an, soit 1 000 F/mois, 250/semaine. Une somme qui semble dérisoire mais coûte chère à certains membres dans les régions par exemple’’, a t-il dit.

Il a révélé que l’association est en train de travailler avec les employeurs de la musique, mais aussi avec le ministère du Travail et des organisations comme l’Unesco et le Bureau international du Travail, pour que les artistes puissent enfin bénéficier d’un bulletin de paie qui leur permettrait de prendre en charge les cotisations à la source.

Daniel Gomes a confié à l’APS, qu’en 20 ans, l’AMS n’a perçu que 3 subventions de l’Etat pour un total de 11 millions soit en moyenne 550.000 /an.

’’Cela ne couvre même pas, selon lui, les frais de fonctionnement basiques du bureau exécutif. Nous n’avons jamais été pour la politique de la main tendue, donc il est important que les membres et ceux qui ont envie de faire en sorte que le secteur de la musique progresse se disent qu’il est grand temps que moi aussi je participe à ma manière (…) pour le développement de l’industrie musicale’’.

Daniel Gomes qui rappelle que l’AMS n’a toujours pas de local a plaidé ainsi pour un appui plus conséquent des autorités avec la création d’une ‘’maison de la musique’’ qui permettrait à toutes les associations du secteur de bénéficier d’un espace et travailler sur des projets communs.

Plus d’une dizaine d’artistes dont Awadi, Thione Seck, Viviane Chidid, Ismala Lo, Omar Pene sont attendus au concert organisé par l’AMS à l’Institut Français, dans le cadre de ses 20 ans. 


MF/OID/AKS