Vers l’implantation de groupes locaux de suivi budgétaire dans les régions
APS
SENEGAL-GOUVERNANCE

Vers l’implantation de groupes locaux de suivi budgétaire dans les régions

Thiès, 9 oct (APS) - Une cinquantaine d’acteurs issus de services étatiques, d’organisations de la société civile et de collectivités territoriales prennent part à Thiès à une session de formation sur le budget devant jeter les bases de l’implantation prochaine de groupes locaux de suivi budgétaire dans toutes les régions du pays, a constaté l’APS.
 
Prévue pour deux jours, cette session du Cadre multi-acteurs de suivi budgétaire (CMSB), une instance créée en 2016 par le ministère en charge de la Bonne Gouvernance, vise à renforcer les capacités des participants en matière de budget, afin d’en faire des vecteurs d’une participation des citoyens à la base au suivi budgétaire. 
 
De retour chez eux, les acteurs formés pourront mettre en place ces groupes qui devront s’occuper de tout le processus de suivi du budget, de son élaboration à la reddition des comptes, en passant par sa mise en œuvre, a dit Amadou Kanouté. 
 
La formation est organisée par le ministère de la Bonne gouvernance et de la Petite enfance, en collaboration avec le Réseau citoyen pour la transparence budgétaire (RCTB), dont un des membres, la CICODEV Africa, a contracté un appui financier auprès de la Fondation Ford pour la réalisation du projet Citizen Budget Monitoring Groups in Sénégal. 
 
L’atelier regroupe des agents de la Cour des comptes, du Bureau organisation et méthode (BOM) de l’Office national contre la corruption (OFNAC), d’ONG, membres du CONGAD, de collectivités territoriales, du Conseil national de la jeunesse et de plusieurs ministères etc. 
 
Le CMSB est une ‘’instance de concertation, de dialogue, d’harmonisation, de renforcement de capacités et de suivi participatif de la mise en œuvre du budget national’’, lit-on dans un document de présentation de l’atelier. 
 
Il s’agit du budget de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics. 
 
Outre le renforcement des capacités des membres du RCTB et du Cadre sur le budget-programme et la fiscalité pour financer le budget, les participants seront aussi amenés à analyser le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre de 2018. 
 
Enfin, ils devront définir les modalités de décentralisation et d’institutionnalisation du Cadre au niveau territorial. Ce qui devrait se traduire par la création progressive des groupes de suivi budgétaire, dans les régions, les départements et les communes du pays, a indiqué le directeur exécutif de CICODEV, Amadou Kanouté. 
 
Pour M. Kanouté, la citoyenneté budgétaire suppose de ‘’mettre le citoyen au cœur du budget’’ et de l’imprégner de l’efficience budgétaire. 
 
‘’Les citoyens, une fois qu’on aura renforcé leurs capacités à élaborer, analyser et suivre le budget, pourront faire le suivi’’, a-t-il dit indiquant que ces structures seront implantées dans toutes les régions. 
 
‘’Nous sommes dans une phase progressive et nous allons nous entendre avec le ministère (de la Bonne Gouvernance) sur comment nous allons couvrir toutes les régions, tous départements’’, a-t-il dit. 
 
De ce fait, ‘’une fois que le budget sera voté au niveau central, les citoyens pourront aller vers les députés, pour leur dire ‘voilà ce qui a été voté, comment pouvons-nous faire pour suivre cela ?’’. 
 
M. Kanouté estime qu’avec ces groupes locaux, le député ne va plus se battre seul, mais sera accompagné de ses mandants. Le rôle des groupes locaux de suivi budgétaire sera de faire en sorte ‘’que 5 francs votés à l’Assemblée nationale puissent être suivis jusqu’à la base’’, a-t-il poursuivi. 
 
Le Sénégal a consenti des ‘’efforts de redressement des finances publiques’’ à travers des réformes, a noté le secrétaire général du ministère de la Bonne gouvernance et de la Petite enfance, Omar El Foutiyou Bâ.
 
Un ‘’accent particulier’’ a été mis sur l’accès ouvert des citoyens à l’information sur le budget, a-t-il ajouté, estimant que tout le dispositif ainsi mis en place constitue un ‘’gage de transparence et d’amélioration continue des finances publiques’’. 
 
En plus d’être un principe internationalement reconnu, la transparence budgétaire fait l’objet d’une directive de l’UEMOA et le budget 2019 élaboré récemment en conseil des ministres, insiste encore sur la nécessité de la mettre en œuvre.
 

ADI/AKS/OID