Une thèse de doctorat explore les sonorités dans les guerres saintes médiévales au Proche-Orient
APS
SENEGAL-UNIVERSITE-RELIGION-RECHERCHE

Une thèse de doctorat explore les sonorités dans les guerres saintes médiévales au Proche-Orient

Dakar, 18 avr (APS) – Le doctorant en histoire médiévale, Mamadou Woury Diallo, explore la typologie des sonorités dans les croisades et dans le djihad au Proche-Orient, ’’deux mondes’’, l’Occident chrétien et l’Orient musulman, qui se sont affrontès pendant presque trois siècles (1095-1291) dans des guerres saintes.
 
Diallo a soutenu samedi à l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentaristes (EBAD) de l’université cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), une thèse portant sur ’’Le paysage sonore dans les croisades et dans le djihad au Proche-Orient (1095-1291) : essai d’analyse comparative d’une histoire du sensible’’.
 
Il a obtenu une mention très honorable et les félicitations du jury présidé par le professeur Abdoulaye Bathily aux côtés des professeurs Penda Mbow et Idrissa Ba, directeur de thèse. 
 
Christiane Raynaud et Julien Loiseau, professeurs à l’Université d’Aix-Marseille (France), ont participé à la soutenance par visioconférence.
 
En partant de motivations d’ordre scientifique, l’auteur dit avoir travaillé sur le paysage sonore des croisades et du djihad dans une démarche globale de définition conceptuelle, de dépouillement des sources. 
 
Il fait ainsi une analyse et une comparaison des différents paliers sonores de ces guerres saintes au Proche-Orient entre 1095, date du déclenchement de la croisade au concil de Clermont par le pape Urbain II et 1291, date de la fin de la présence latine en Orient avec la chute de la ville de Saint-Jean d’Acre.
 
Dès lors, il arrive à identifier dans son étude une typologie de sonorités des croisades et du Djihad qui met en évidence ‘’deux paysages sonores différents mais complémentaires’’, l’un ‘’produit’’ par l’homme’’ et l’autre ‘’subi par l’homme’’.
 
Concernant le premier paysage, Mamadou Woury Diallo note une ‘’grande variété de sonorités anthropiques allant des cris de guerre aux sonorités du quotidien, en passant par les sons des hérauts d’armes, des crieurs publics, etc.’’.
 
‘’Les cris de guerre, notamment généraux, épousent la nouvelle idéologie de la guerre sainte’’, analyse-t-il, soulignant qu’ils ont ‘’évolué et changé à chaque croisade et sous chaque dynastie musulmane’’. 
 
Cependant, il note ‘’quelques constances’’ concernant les sonorités humaines telles que ‘’Allahou Akbar !’’ (‘’Dieu est grand !’’ ), du côté du djihad et ‘’Dieu le veut’’, chez les croisés.
 
Le deuxième paysage sonore est caractérisé par la prépondérance des sonorités animales, métalliques et instrumentales, relève-t-il dans son étude.
 
A l’en croire, les instruments de haut, notamment les aérophones et les membranophones, sont ceux qui sont le plus présents dans les sources des croisades et du djihad, mais également dans les armées et sur les champs de bataille. 
 
’’Ils remplissent des fonctions bien définies et sont entourés de symbolismes bien chargés qui ne sortent pas du cadre religieux et féodal. Ces instruments sont ceux du pouvoir et de l’autorité, notamment des hautes élites politiques, militaires et sociales’’, explique Diallo. 
 
’’Il y a, par conséquent, une adéquation parfaite entre le haut sonore et le haut social. Les sonorités métalliques sont constituées par les coups partis ou résultant du choc entre les armes offensives, défensives et les machines de guerre’’, ajoute-t-il. 
 
En dehors des sonorités, son travail nous ’’’plonge au cœur des imaginaires collectifs des peuples des croisades et du djihad en particulier, mais de façon plus élargie, dans les mentalités occidentales et orientales’’.
 
Des mentalités qui sont marquées par ’’leur contexte géographique et historique, mais surtout par le regard des uns vis-à-vis des autres, un regard plein de préjugés, d’appréhensions, de haine et d’admiration devant le courage de l’ennemi’’’.

ASB/OID