Un spécialiste du droit privé relève une
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Un spécialiste du droit privé relève une "nette évolution" du dispositif pénal en matière de protection des données personnelles

Dakar, 9 août (APS) – Le professeur de Droit privé et Sciences criminelles, Thierno Amadou Ndiogou a relevé une "nette évolution" du dispositif pénal sénégalais en matière de protection des données à caractère personnel.
 

"Le dispositif pénal sénégalais a bien évolué parce que toute divulgation de discussion ou contenu électronique sur un réseau social portant atteinte à la vie privée par l’usage de données à caractère personnel est sanctionné", a-t-il dit dans un entretien avec l’APS, mercredi.
Le professeur Ndiogou a fait remarquer que les sanctions prévues dans le code pénal sont un emprisonnement qui va d’un à sept ans et une amende pouvant aller de 500.000 francs CFA à 10 millions de frs CFA ou l’application de l’une de ses peines.

La loi sur la protection des données personnelles adoptée le 30 novembre 2007 (loi no 2008-12) veille à ce que les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ne portent pas atteinte aux libertés individuelles et à la vie privée.

Interpellés sur l’usage "à outrance" fait des réseaux sociaux et de l’Internet en général, certains citoyens ont émis des avis divergents sur cette question d’actualité notamment avec l’arrestation de la chanteuse Amy Collé Dieng et Penda Ba pour propos désobligeants, l’une envers le chef de l’Etat et l’autre avec des relents ethnicistes.
 
Etudiant en master I de Sciences juridiques et politiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Serigne Akhmadou Sène a dit être lui-même utilisateur de l’Internet, relevant toutefois que "les gens n’en font pas bon usage maintenant".

"C’est un fléau qui commence à prendre de l’ampleur, beaucoup de personnes utilisent les réseaux sociaux pour détruire. Il y a véritablement de quoi s’inquiéter" a souligné Serigne Akhmadou Sène.

Pour sa part, Mame Cheikh Thioune, agent d’une institution financière a fait noter que "les réseaux sociaux sont protégés et plusieurs options sont offertes pour protéger nos conversations".

Selon lui, "toutes les divulgations qu’on retrouve de plus en plus sur internet sont des conversations ou publications qui ont été faites dans des groupes d’amis".
 
Mame Cheikh Thioune invite ses concitoyens et autres férus des réseaux sociaux à "comprendre que Internet n’est pas un cadre de libertinage où on peut faire tout ce qui nous passe par la tête".
 
"La plupart des personnes qui s’adonnent à ses pratiques sur les réseaux sociaux ignorent les sanctions qu’ils encourent" croit comprendre Ndéye Marieme Diatta, une étudiante interrogée par les reporters de l’APS.

Elle estime que l’Etat du Sénégal "doit prendre des mesures strictes quand à l’accès à certains services internet en fixant une limite d’âge pour accéder à certaines fonctionnalités".
 
Laurent Mendy a, lui, relevé l’existence de plusieurs options pour la protection de son compte et de ces conversations. Toutefois, a-t-il ajouté, "le problème est que la plupart des utilisateurs ne maîtrisent pas ces différentes fonctions".
 
 

ACD/BF/PON