Thiès : un panel en ligne sur l’aide alimentaire, en souvenir d’Ousmane Sembène
APS
SENEGAL-CULTURE

Thiès : un panel en ligne sur l’aide alimentaire, en souvenir d’Ousmane Sembène

Thiès, 9 juin (APS) - Le centre Daaray Sembène, de la ville de Thiès (ouest), a commémoré mardi la mémoire du cinéaste et écrivain Ousmane Sembène (1923-2007), à travers un panel en ligne sur la problématique de l’aide alimentaire.

 

‘’Aide ou soutien alimentaire : les maux de Guélawar et les mots de Sembène Ousmane’’ était le thème de la commémoration, dont le professeur Buuba Diop, historien, était le parrain.

 

Djiby Diakhaté, sociologue et chercheur à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD), et l’ingénieur agronome Sadibou Sow, de l’Université Alioune-Diop de Bambey, ont pris part au panel.

 

L’économiste Elhadji Mounirou Ndiaye, et la professeure de lettres et de didactique de l’image Hadja Maï Niang, tous les deux enseignants-chercheurs à l’Université de Thiès, ont également participé à cette rencontre virtuelle.

 

‘’Guelwaar’’ (1982), un film d’Ousmane Sembène, et le roman du même nom publié par le cinéaste en 1996 (Editions Présence africaine), traitent de la question de l’aide alimentaire internationale.

 

L’aide alimentaire distribuée par le gouvernement sénégalais, pour réduire les effets de la pandémie de Covid-19 chez les populations, rappelle le ‘’grand discours’’ de Guelwaar, interprété par Pierre Henri Thioune, qui dénonce l’asservissement par l’aide alimentaire internationale.

 

Hadja Maï Niang, qui dirige le centre Daaray Sembène, salue la ‘’responsabilité’’ dont les autorités sénégalaises ont fait preuve en octroyant une aide alimentaire aux populations pour déjouer le pronostic de ‘’ceux qui veulent que l’Afrique crie famine pour venir nous aider et ensuite nous réduire en esclaves’’.

 

Elle dit espérer que cette attitude des pouvoirs publics se poursuivra avec ‘’désintéressement’’, et en dehors de toute ‘’connotation politique’’.

 

Mme Niang prône une révision de la terminologie ‘’aide alimentaire’’, préférant qu’elle soit remplacée par ‘’soutien alimentaire’’.

 

La philosophie de Sembène Ousmane, c’est la dignité, le fait de croire en l’homme, c’est le culte du travail, souligne-t-elle, rappelant que la problématique de la mendicité traverse son œuvre littéraire et cinématographique.

 

‘’La mendicité tue la dignité’’, soutient Hadja Maï Niang, rappelant que pour arriver à l’autonomie tant désirée, Sembène Ousmane a appelé à un retour à l’agriculture, dans ‘’Ô pays, mon beau peuple’’, l’un de ses romans.

 

Mme Niang invite les populations à exploiter des fermes familiales pour pouvoir se nourrir en toute indépendance.

 

Le panéliste Sadibou Sow a présenté un tableau panoramique de l’agriculture sénégalaise, avec ses forces, ses faiblesses et ses défis.

 

Il y a, parmi les défis, l’amélioration de la gestion foncière. Selon M. Sow, la pression foncière causée par la croissance démographique crée une compétition entre l’agriculture, l’élevage et l’habitat.

 

La maîtrise de l’eau est aussi un ‘’préalable’’ au développement agricole du Sénégal, un pays arrosé par des cours d’eau, où il pleut également pendant trois mois par an, a souligné l’ingénieur agronome.

 

Le professeur Buuba Diop a rappelé que Sembène Ousmane était membre fondateur du Parti africain pour l’indépendance (PAI), qui a contribué, selon lui, à l’accès du Sénégal à la souveraineté internationale.

ADI/ASG/ESF