Thiès : Mbousnakh voit sa communalisation comme la seule solution à ses maux
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Thiès : Mbousnakh voit sa communalisation comme la seule solution à ses maux

Mbousnakh, 16 mai (APS) - La communalisation de Mbousnakh, une localité du département de Thiès qui polarise une trentaine de hameaux, reste le seul gage de solution structurante pour l’émergence de ces localités, en proie à de nombreux goulots d’étranglement, a indiqué samedi une plateforme de jeunes dénommée ‘’Mbousnakh Ca Kanam’’.
 
’’Une communalisation dans un moyen (ou) long terme de la zone de Mbousnakh et environs, (est) le seul gage de solutions structurantes pour l’émergence de nos localités’’, a dit Lamine Sène, en lisant le mémorandum de la plateforme, lors d’un point de presse, près du poste de santé de Mbousnakh Secco.

Mbousnakh est une ancienne communauté rurale qui avait été supprimée ‘’pour des raisons politiques’’, a renchéri Papa Abdoumaye Dione, qui a demandé sa ‘’restauration’’ en tant que commune.

Des membres de la plateforme ont listé aux journalistes les nombreux obstacles au développement du village et de ces hameaux, estimant que la solution réside dans leur communalisation.

’’Mbousnakh mérite d’avoir une commune et cela a été depuis longtemps notre combat. Nous avions obtenu une promesse dans ce sens, mais des considérations politiques l’ont empêché’’, a dit Ibrahima Ngom, coordonnateur adjoint de Mbousnakh Ca Kanam.

Le village de Mbousnakh est écartelé entre les communes de Tassette et Notto Diobass, a relevé Ibrahima Ngom. Il a souligné l’urgence de corriger cette ‘’erreur administrative’’, héritée de la décentralisation, qui fait que des habitants d’une même maison appartiennent à deux communes différentes.

Cette situation particulière impacte le développement de la zone peuplée de milliers d’habitants, qui souffre de coupures d’eau potable, de manque d’électrification, d’enclavement, de déficit de structures scolaires de différents niveaux, d’un faible plateau sanitaire, entre autres, de difficultés d’accès à l’état civil.

Evoquant une faible qualité de service de l’eau, un prix au mètre-cube, jugé ‘’excessif’’ que pratique le concessionnaire du forage, la plateforme plaide pour une réduction des tarifs, la réparation de l’ancien forage, pour atténuer les pannes du réseau de Tassette, et à des fins de maraîchage.

Mbousnakh Ca kanam appelle à un ‘’maillage total’’ de la localité, après l’électrification des villages de Ngor, Gott et une partie de Ngourmbane.

        Stuation ‘’environnementale alarmante’’

Mbousnakh Ngourmbane, la partie non électrifiée du village, a amassé 10 millions, sur un devis arrêté à plus de 11 millions de FCFA, pour disposer d’une ligne privée grâce à des cotisations des habitants et à l’appui de partenaires, a dit Abdou Lahad Sène, habitant de ce village.

Après avoir installé les poteaux électriques, ils en appellent à l’appui des autorités pour parachever leur projet.

La plateforme réclame la construction de trois nouvelles écoles dans la zone pour alléger les sureffectifs dans les deux seules écoles existantes, tout comme des cases des tout-petits et l’érection du collège de Mbousnakh en lycée et la réalisation d’un nouveau lycée.

Les habitants demandent un ‘’plus grand apport’’ du périmètre maraîcher de près de 300 ha exploité par un promoteur privé dans la zone depuis 2015, grâce à une entente tripartite entre ce dernier, le conseil rural de Tassette et un comité villageois.

Vu la situation ‘’environnementale alarmante’’, liée à la proximité des hameaux de Ngalène, Kounoune, Ngourmbane Sessène Diack avec les carrières, la plateforme demande à l’Etat et aux exploitants de ‘’juguler les conséquences environnementales et sanitaires’’ de ces sites par une ‘’ceinture verte’’, l’arrosage des voies pour atténuer la poussière et des actions de responsabilité sociétales d’entreprises (RSE).

         Le désenclavement, une vieille doléance

Au nombre des doléances, figurent aussi un second poste de santé dans la zone et l’appui des cases de santé existantes pour améliorer l’accès aux soins.

Les jeunes demandent ‘’directement au président Macky Sall’’ et aux deux maires de réaliser, deux axes de piste rurale, l’un allant de Niakh à Tassette, en passant par le poste de santé de Mbousnakh, et l’autre des carrières de Diack à Ngolar, en passant par Mbousnakh, a dit Papa Abdoulaye Dione, membre de la plateforme.

Le désenclavement de leur zone est une vieille doléance, ont-ils noté.

Beaucoup de chauffeurs rechignent à emprunter les 8 km de piste très sablonneuses séparant Mbousnakh de Ngoundiane, sa porte d’entrée à partir de la route nationale, de peur de s’embourber.

Il faut souvent payer 2.500 FCFA pour se rendre dans ces villages situés à une vingtaine de kilomètres de Thiès, leur chef-lieu de département.

L’insécurité, notamment le vol de bétail, le financement des jeunes et des femmes, gagnés par l’exode rural, sont d’autres préoccupations de la plateforme ‘’Mbousnakh Ca Kanam’’.
 

ADI/OID