Samba Diabaré Samb rappelé à Dieu
APS
SENEGAL-CULTURE-NECROLOGIE

Samba Diabaré Samb rappelé à Dieu

Dakar, 21 sept (APS) - Le maître sénégalais du Xalam (un luth à cinq cordes considéré comme un instrument traditionnel magique), Elhadj Samba Diabaré Samb, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 95 ans, a-t-on appris auprès de sa famille.
 
Le chef de l’Etat a rendu hommage à un ‘’illustre fils de la Nation’’ qui ’’a contribué à sauvegarder le Patrimoine culturel immatériel du Sénégal’’.
 
’’Le Sénégal vient de perdre un de ses illustres fils, El Hadji Samba Diabaré Samb ! Avec sa disparition à 95 ans, il laisse la Nation orpheline ! L’interprète de laguiya, taara, saraba, capitaine Djiby Ndiaye a contribué à sauvegarder le Patrimoine culturel immatériel du Sénégal par tous les moyens possibles !’’, dit Macky Sall dans un communiqué.
 
Samba Diabaré ‘’a été la source d’inspiration de plusieurs artistes. Avec le rappel à Dieu de Samba Diabaré Samb, c’est un pan de la musique sénégalaise qui s’effondre’’, selon le chef de l’Etat, ajoutant que ‘’l Sénégal perd en lui, une Bibliothèque publique !’’ ;
 
Selon lui, ‘’élevé à la dignité de Trésor humain vivant par l’UNESCO, célébré à toutes les occasions, Samba Diabaré Samb était le symbole de la dignité et du lien social !’’.
 
’’Virtuose inimitable du xalam, il avait su magnifiquement dompter cet instrument de notre patrimoine musical traditionnel pour réveiller l’ardeur de la Nation !’’, a encore souligne le président de la République qui a présenté ses ‘’sincères’’ condoléances à la famille du défunt et à la Nation entière.


Né dans une famille de griots, Samba Diabaré Samb est à l’origine, avec son compagnon feu Amadou Ndiaye Samb, de la création en 1962 de l’Ensemble lyrique traditionnel du Théâtre Sorano.

Il a reçu les décorations de chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques (1983), officier de l’Ordre du Mérite (1984), commandeur de l’Ordre du Mérite (1990) et officier de l’Ordre des Arts et Lettres (2002). 
 

Il a été honoré par l’UNESCO dans le cadre du projet Trésors humains vivants, avec le conservateur de la Maison des esclaves feu Boubacar Joseph Ndiaye. 
 
Le maître du xalam a sorti quelques cassettes : Ngawla (1993, avec Baaba Maal et Mansour Seck), Laguiya (1997), Taara (1998), Jëf sa Yëf (2000), Biram Yacine (2003). 
 
Celui que feu Ndiaga Mbaye appelait affectueusement ’’baayu ndaanaan yi (le père des artistes, en wolof)’’ a siégé pendant plusieurs années au sein de la Commission d’identification des œuvres du Bureau sénégalais du droit d’auteur (BSDA). 
 
En 2006, il est intronisé ’’Trésor humain vivant’’, à l’occasion d’un hommage national qui lui a été rendu.

Considéré comme le dernier des Mohicans dans l’art de jouer cet instrument traditionnel, Samba Diabaré Samb, s’est vu offrir, au cours de cette cérémonie solennelle, un grand boubou traditionnel et un chèque dont le montant n’a pas été précisé. 
 
Un trophée représentant un xalam en or lui a été également décerné, en présence notamment du Premier ministre d’alors, Macky Sall, du ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé, Mame Birame Diouf. 
 
Des artistes, des hommes de culture et lettres ont également assisté à cette cérémonie dont l’idée a été lancée en 2003 par Abdoul Aziz Dieng, président de l’Association des métiers de la musique (AMS). 
 
Cette initiative a en ensuite été adoptée par le Bureau sénégalais du droit d’auteur (BSDA) et un comité d’organisation composé d’acteurs culturels, de musiciens, de chercheurs a été mise en place pour organiser cet évènement. 
 
Le Premier ministre Macky Sall, qui avait prononcé quelques paroles au nom du chef de l’Etat, protecteur des Arts, des Lettres et des artistes, avait qualifié Samba Diabaré Samb de ‘’grand artiste et de virtuose du xalam’’. 
 
‘’Cet hommage et cette distinction reviennent à Samba Diabaré Samb en raison de son œuvre pour la perpétuation de nos cultures, nos valeurs sans lesquelles le Sénégal ne serait pas ce qu’il est, a ajouté le chef du gouvernement. Cet instant solennel contient des moments d’enseignements que les Sénégalais, notamment les jeunes générations, pourront profiter’’, disait-il.
 

OID