Sachets plastiques : appel à une prise en compte de la dimension culturelle
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SENEGAL-POLLUTION-LUTTE

Sachets plastiques : appel à une prise en compte de la dimension culturelle

Tivaouane, 5 juin (APS) - Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mame Thierno Dieng, a fait part, mardi à Tivaouane (Thiès), de la nécessité de prendre en compte la dimension culturelle dans la lutte contre la pollution par les déchets plastiques, notamment les sachets.
 

M. Dieng qui présidait, mardi à Tivaouane, la 46-ème Journée mondiale de l’Environnement, a souligné que la culture constitue un ‘’élément important à prendre en considération’’ dans le processus de résolution du péril plastique. ‘’La dimension culturelle est au cœur de nos habitudes de vie, y compris face à notre gestion des déchets’’, a-t-il dit.

M. Dieng a appelé à ‘’bannir la surconsommation et développer un réflexe de consommation des produits locaux’’, en milieu urbain, pour ‘’permettre aux familles rurales de mieux vivre’’.

La célébration de cette année, axée sur le thème ‘’Combattre la pollution par les déchets plastiques’’, a enregistré la présence des représentations diplomatiques du Rwanda, de l’UE, des Pays-Bas et de la France, ainsi que d’autorités religieuses dont Mbaye Sy Abdoul Mansour, qui représentait le khalife général des Tidianes.

Le public était composé en majorité de femmes venues en masse participer à la manifestation.

"Le changement des modes de production et de consommation contribue en partie à la prolifération des emballages plastiques qui se sont rapidement substitués aux récipients à base de végétaux tels que les calebasses ou les paniers’’, a fait remarquer Mame Thierno Dieng.

Pour lui, en plus de résoudre cette pollution, l’utilisation des produits locaux à base de matière végétale constituerait une forme jugée ‘’nécessaire’’ de ‘’solidarité nationale entre villes et terroirs’’.

‘’Actuellement, l’achat d’une simple pâte dentifrice ou d’une boite d’allumette nous donne droit à un sac plastique’’, a-t-il poursuivi, non sans déplorer la conséquence de cette surconsommation : la production d’énormes quantités de déchets plastiques, non biodégradables.

Pour la seule région de Dakar, l’estimation du potentiel de déchets plastiques est de l’ordre de 99.700 tonnes par an, dont les emballages plastiques représentent 78%. Ces simulations tablent sur une quantité de production journalière de 1 500 tonnes de déchets solides urbains. ‘’On note également une augmentation relative de près de 15% de déchets plastiques en 15 ans, due à notre nouveau mode de consommation’’.

Le changement de comportement pourrait, par exemple, commencer par un refus des sachets ou gobelets en plastique dits ‘’jetables’’, a-t-il suggéré.

Il a évoqué des actions du gouvernement, parmi lesquelles le vote de la loi de 2016 interdisant l’importation de sachets à faible micronage, et dont l’application reste ‘’difficile’’, faute de mesure d’accompagnement, ainsi que l’existence d’initiatives privées de recyclage du plastique et de confection de sacs en papier, proposés comme alternatives.

ADI/ASG/OID