Nour-Eddine Saïl : Le Festival de Khouribga est parti ‘’d’un militantisme culturel’’
APS
AFRIQUE-CINEMA

Nour-Eddine Saïl : Le Festival de Khouribga est parti ‘’d’un militantisme culturel’’

Khouribga, 10 sept (APS) - Le Festival du cinéma africain de Khouribga, dont la 20-ème édition s’est ouverte samedi soir, est parti ‘’d’un militantisme culturel’’ et ‘’d’une volonté absolue des ciné-clubs du Maroc, a rappelé le président de Fondation organisatrice, Nour-Eddine Saïl. 


‘’On peut dire que ce festival est parti de rien. Non, il n’est pas parti de rien. Il est parti d’une passion. Il est parti d’un militantisme culturel. Il est parti d’une volonté absolue des ciné-clubs du Maroc, du ciné-club de Khouribga, de la volonté de certains militants, ici à Khouribga, des intellectuels, des historiens, des géographes, des professeurs’’, a-t-il dit lors de la cérémonie d’ouverture. 

Il a ajouté : ‘’Il est parti d’une passion du cinéma, d’une passion pour parler du Maroc, et d’ici, la ville de Khouribga, qui, traditionnellement, était connue comme la capitale mondiale du phosphate, mais qui n’avait pas marqué l’histoire universelle par sa créativité culturelle. Qu’on le veuille ou non. Et elle n’est pas la seule’’.

Cette volonté de venir à Khouribga, pour faire émerger quelque chose, ‘’je le dois et le partage avec ceux qui, en 1977, y ont cru. Ils y ont cru tellement que, aujourd’hui, avec beaucoup d’émotion je vois que certains d’entre eux sont toujours là’’, a-t-il souligné.

Nour-Eddine Saïl a dit que pour lui, Khouribga, ‘’c’est des visages de ces militants qui ont fait ce festival, dont certains ne sont plus là’’, rappelant l’engagement de Mohamed Dahan, secrétaire général de la Fédération des ciné-clubs (décédé), qui a présidé le jury, ‘’quelqu’un de formidablement amoureux de cette ville’’.
‘’Il y a beaucoup d’absents, mais il y a beaucoup de présents, a poursuivi Saïl. La présence de ceux qui sont ici aujourd’hui, compense symboliquement et puissamment l’absence des autres.’’ 

Le président de la Fondation du festival du cinéma africain de Khouribga a relevé que cette manifestation, c’est aussi ‘’des images inoubliables’’, celles du film ‘’Yeleen’’, de Souleymane Cissé, ‘’un film d’une rigueur et d’une symbolique extraordinaires, de ‘’Moolaadé’’, qui montre ‘’la possibilité de construire une fiction africaine, par l’immense Ousmane Sembène, de ‘’Pégase’’, ‘’où un public pas habitué aux complications du récit, trouve qu’il y a du plaisir à suivre le délire construit de Mohamed Mouftakir’’.

Ce sont ‘’des images qui font que je peux dire aujourd’hui, au bout de quarante ans, à tous ceux qui nous ont accompagnés, à tous ceux qui restent encore aujourd’hui et qui travaillent : merci. Il faudrait peut-être penser à continuer. Ce qui n’est pas facile’’, a conclu Nour-Eddine Saïl. 

Auparavant, la 20-ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga s’était ouverte par un hommage au critique de cinéma égyptien Samir Farid (1943-2017), dont le président de la Fondation organisatrice a salué ‘’la sincérité et la franchise’’ dans le travail d’analyse sur les films.

Farid était ‘’un ami qui état avec nous, depuis 1983, pour des conférences. Qui, pour moi, était l’un des défenseurs, l’un des avocats les plus puissants du meilleur que nous puissions, ici, produire au Maroc’’, a notamment dit Nour-Eddine Saïl après avoir remis à la veuve du critique un trophée symbolique.

Il lui a demandé de ‘’continuer toute seule, en attendant que l’Etat égyptien fasse aussi quelque chose, à perpétuer le nom et les travaux de Samir à travers un site sur lequel’’ elle a commencé à travailler.

Pour Saïl, Samir Farid est ‘’quelqu’un qui a fait des travaux énormes pour l’ensemble des cinéastes, des réalisateurs qui sont là (…) toujours avec une sincérité et une franchise qui pouvaient parfois choquer’’.

Quatorze films seront en compétition à cette 20-ème édition qui se poursuit jusqu’au 16 septembre. Pour cette édition coïncidant avec le 40ème anniversaire de la création du festival (1977-2017), les œuvres en lice pour remporter le grand prix "Ousmane Sembène" viennent d’Afrique du Sud, d’Algérie, du Bénin, du Burkina Faso, d’Egypte, du Ghana, du Mali, du Maroc, du Mozambique, d’Ouganda, du Rwanda, du Sénégal, du Togo et de Tunisie.

Le jury sera présidé par le poète et écrivain marocain Abdellatif Laâbi, avec comme membres la comédienne Rokhaya Niang (Sénégal), l’artiste plasticienne Zoulikha Bouabdellah (Algérie), l’actrice Sonia Oukacha (Maroc), l’auteur et musicien Ray Lema (RDC), le producteur et réalisateur Pedro Pimenta (Mozambique) et Nico Simon, président d’’’Europa Cinemas’’ (Luxembourg).

Outre le Grand Prix "Ousmane Sembène", le palmarès du festival prévoit les prix du jury, de la réalisation, du scénario, le prix "Mohamed Bastaoui" du meilleur premier rôle masculin, le prix du meilleur premier rôle féminin, les prix des meilleurs seconds rôles masculin et féminin.

ADC/OID