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SENEGAL-HYDROCARBURES-OFFRES

"Licensing round" ou appel à candidatures pour l’octroi de licences

Le Cap, 5 nov (APS) - Le termes anglais "licencing round" indique un appel à candidatures pour octroyer des licences de recherches en hydrocarbure (pétrole et gaz) dans le territoire d’un pays.

 
Il s’agit d’un technique d’approche marketing par laquelle les pays présentent les blocs à "offrir" à la concurrence des compagnies internationales sous formes de package avec d’une part "un aperçu des données techniques" et d’autre part une présentation du pays "dans ses aspects législation et environnement économique ainsi que les garanties aux investisseurs", selon un expert.
 
Le Sénégal a lancé, ce mardi, à Cap Town, son premier appel d’offres international de douze licences libres de recherche pétrolière à la communauté des compagnies étrangères, a constaté l’envoyé spécial de l’APS.
 
Cet exercice auquel le Sénégal se soumet est une nouveauté dans la promotion des zones de recherche petrogazières du pays.
 
En comparaison, le Gabon qui est un pays pétrolier confirmé en est à son 12e exercice du genre.
 
Le Sénégal est désormais obligé de procéder de la sorte du fait de son nouveau code pétrolier qui exige la tenue d’un appel d’offres international afin d’avoir les meilleurs offres possibles.
 
L’article 10 de la loi 2019-03 portant Code pétrolier dispose : "Toute attribution de blocs est précédée d’un appel d’offres, ouvert au niveau international, lancé par le ministre ou toute autre entité qu’il aura désignée...".
 
Auparavant, le Sénégal, à travers sa compagnie nationale, prenait part aux conférences internationales pour chercher des partenaires invités à présenter au gouvernement une demande de licence.
 
Jugée plus attractive, cette facilité qui se justifiait en 1998 au moment de la rédaction de l’ancien code pétrolier ne peut plus être de mise.

Selon le ministre de l’Energie et du Pétrole, Mactar Cissé, "désormais avec les découvertes faites au pays, notre bassin est maintenant prometteur, donc cela change la donne".
 
D’où selon le ministre, chef de la délégation sénégalaise à la conférence africaine sur le pétrole "l’Africa Oil Week", la nécessité de "revoir à la hausse les parts de l’État tout en garantissant aux compagnies un retour sur investissement".
 
Le "Licensing Round" est ainsi une opération marketing et de prise de contact que les pays mettent en œuvre dans les cycles de conférences telles que celles de Capr Town, Londres, et Houston.
 
Il s’agit là d’un "road trip" (parcours) que les pays surtout africains empruntent pour être sûrs de rencontrer les compagnies et les intéresser à leurs potentiels.
 
Le Sénégal qui abritera une conférence du genre au mois de janvier prochain devra ensuite lancer officiellement les appels d’offres.
 
Les compagnies auront alors un délai de 60 jours pour manifester leur intérêt en achetant notamment des données, puisque l’article 10 du code pétrolier indique que "le délai minimal entre la publication et la date des soumissions des offres est de deux mois".
 
C’est seulement à partir de ce moment que le contrat pétrolier sera "négocié’’ par le ministre en charge du secteur, selon la loi sénégalaise.
 
La société pétrolière du Sénégal Petrosen devrait prendre part aux autres conférences internationales notamment celle de Londres et de Houston avant de conclure le cycle par celle de Dakar relative au bassin situé entre la Mauritanie et la Republique de Guinée (MSGBC).
 
ABK/OID