Les gouvernements africains invités à prendre leurs
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Les gouvernements africains invités à prendre leurs "responsabilités" pour "éduquer la jeunesse"

Dakar, 7 fév (APS) – L’universitaire sénégalais Felwine Sarr a souligné la nécessité pour les gouvernements africains de prendre leurs "responsabilités" pour "éduquer la jeunesse et lui trouver du travail sur place".
 
"Le continent doit se réinventer fondamentalement. Les gouvernements africains doivent prendre leurs responsabilités pour éduquer la jeunesse et lui trouver du travail sur place", a-t-il dit sur le site Le Point Afrique dédié à l’actualité africaine francophone. 
 
Pour ce faire, l’enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (nord) estime que "l’Afrique a la tâche de reprendre son destin en main et de décider de la direction qu’elle donne à son économie, à sa politique, à son rapport à l’environnement". 
 
"Elle doit reprendre possession de ses ressources intellectuelles, philosophiques et spirituelles, de ses terroirs, de ses terres et ressources symboliques aussi, et faire ses choix de société. Cette démarche est essentielle si on veut changer le paradigme actuel", a soutenu Pr Sarr, également écrivain, éditeur, musicien et cofondateur des Ateliers de la pensée à Dakar et Saint-Louis.
 
"Le potentiel est énorme, et ce n’est pas une vue de l’esprit ou un désir de se rassurer. De mon point de vue, la démographie dit le sens des choses. Le rapport de force est en train de changer. En 2100, l’Europe représentera 4 % de la population du globe et le continent africain, 40 %", a argumenté l’universitaire.
 
Il a signalé que "l’Afrique a d’autres atouts plus importants que cette dynamique démographique qui impressionne tant". "Elle a le tiers des réserves minières et énergétiques de l’humanité encore disponibles, sans compter les terres arables, dont elle détient les six dixièmes, encore inexploitées", a-t-il fait valoir. 
 
S’y ajoute, a encore relevé l’économiste, "l’avantage d’un espace immense largement plus grand que l’Inde, la Chine et l’Europe occidentale réunies. Et puis l’Afrique a sa jeunesse..."
 
"Sur le plan économique, depuis l’an 2000, la croissance africaine est une réalité dans un environnement mondial qui croît plus lentement. Cette croissance ne veut pas dire grand-chose si elle n’est pas inclusive et n’améliore pas la vie des populations", a-t-il expliqué. 
 
A l’en croire, "bien qu’elle ait encore d’importants défis à relever en termes de bien-être économique et social, l’Afrique est sur une bonne dynamique". "La question est de savoir comment mettre ce potentiel au service de ses populations, loin de la prédation des multinationales, qui ont des stratégies pensées pour leur seul profit", s’est interrogé l’universitaire.

ASB/ASG