Les chrétiens bénéficient d’une liberté de culte au Maroc (prêtre)
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Les chrétiens bénéficient d’une liberté de culte au Maroc (prêtre)

Rabat, 29 mars (APS) – La communauté chrétienne, estimée à 30.000 fidèles au Maroc, bénéficie d’une "liberté de culte", a indiqué vendredi le prêtre français Daniel Nourissat, chargé de presse du Diocèse de Rabat.
 
"Nous bénéficions d’une pleine liberté de culte, d’ailleurs nos étudiants subsahariens arrivent ici en ayant très peur, il fallait qu’ils se cachent pour être chrétiens, ils découvrent avec joie des églises ouvertes et pleines où ils retrouvent leurs coreligionnaires au sens propre du terme", a-t-il dit à des journalistes africains lors d’une visite à la Cathédrale Saint-Pierre de Rabat.
 
Le pape François entame ce samedi une visite officielle de deux jours au Maroc sur invitation du Roi Mohamed VI, la première dans le royaume et la 2e du genre dans un pays arabo-musulman.
 
Le prêtre français a indiqué que les relations avec le ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques "sont bonnes", ajoutant qu’il est "très amical avec l’Eglise".
 
"Il (le ministre) va accueillir le Pape François ce samedi à l’Institut Mohamed VI de formation des imams", a-t-il déclaré, soulignant que "ce serait une belle rencontre de ces étudiants musulmans estimés à 1000 dont la moitié sont des étrangers provenant pour l’essentiel d’Afrique sub-sahariennes, formés aux préceptes d’un islam modéré et tolérant".
 
"Le plus grand pêché de David dans la Bible a été de compter ses troupes. On dit qu’il y’a 30.000 chrétiens au Maroc. Je n’en sais rien, une chose est certaine, ceux qui fréquentent l’église sont plus nombreux", a-t-il déclaré, précisant qu’il est arrivé depuis 13 ans au Maroc.
 
Le prêtre français a indiqué que le nombre d’étudiants étrangers au Maroc a augmenté ces dernières années et il y’a en plus, beaucoup de personnes migrantes venant des pays du Sud Sahara.
 
"Il n’y a pas de chrétiens marocains. Il y’a une petite communauté discrète de chrétiens marocains, mais qui ne sont pas en lien avec eux", a-t-il signalé, soulignant que le Maroc est "un pays où la ferveur musulmane et juive est extrêmement forte, et où les chrétiens sont tous des étrangers".
 
D’après le prêtre, "il est maintenant admis dans la nouvelle Constitution [marocaine] de 2011 que quelqu’un puisse changer de confession", mais il reconnaît toutefois que "c’est très compliqué dans la vie sociale qui est particulièrement rythmée par le Code de la famille issu du Coran".
 
Il a cependant fait savoir que la communauté chrétienne est "bien admise" et "respectée", rappelant un verset du Coran+ Si Dieu avait voulu qu’il y ait une seule religion, il aurait pu le faire+.
 
"Le Pape vient fêter les 800 ans de la demande par le Sultan de Marrakech que les prêtres viennent s’occuper des chrétiens qui résidaient dans le royaume. Ils étaient des commerçants, des artisans, des mercenaires et des prisonniers", a-t-il rappelé.
 
C’est ainsi, a-t-il expliqué, que "Saint-François d’Assise a envoyé des frères en dehors de l’Europe et ils sont arrivés au Maroc. Et nous fêtons avec le Pape François les 800 ans de la présence franciscaine au Maroc".
 
L’Eglise a "beaucoup grandi" à l’époque du protectorat français avec la présence de français, d’italiens, d’espagnols et portugais qui sont venus s’installer dans le pays pour faire de l’agriculture, du commerce et de l’administration, a-t-il renseigné.
 
"Comme le protectorat français s’est installé à l’époque de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les autorités ont veillé jalousement à ce que l’Eglise ne cherche pas à faire chrétien des musulmans d’autant qu’il s’agissait d’aider le pays à retrouver son indépendance", a raconté le prêtre français.
 
"Les colonisations religieuses qui sont venues à ce moment-là, surtout autour de l’ordre franciscain, n’ont jamais fait de prosélytisme, mais ont donné l’image d’une Eglise servante et attentive", a-t-il soutenu.
 
Mais, a-t-il ajouté, "les communautés religieuses, surtout franciscaines sont allées partout dans le pays pour aider les femmes à s’occuper des enfants, les orphelins, l’école, la santé, etc., de telle sorte d’ailleurs que pour une bonne part maintenant, ces services sont assurés par le pays lui-même".
 
Le chargé de la presse du Diocèse de Rabat signale par exemple qu’"il n’y a plus d’hôpitaux chrétiens au Maroc, parce que le pays n’en a pas besoin".
 
Le prêtre français a souligné que "les étudiants subsahariens font l’expérience de faire de l’+union africaine+, en rencontrant d’autres jeunes de pays africains", ajoutant : "ce qui est impossible chez eux est possible chez d’autres".
 
’’Ce sont des jeunes intellectuels qui seront au commande de l’Afrique plus tard, nous sommes très attentifs à les aider à devenir des citoyens chrétiens, en les nourrissant de la doctrine sociale de l’Eglise pour qu’ils en repartent comme des artisans du développement de leurs pays respectifs", a-t-il fait observer.

ASB/AKS