Le Hajj vise à faire du pèlerin un
APS
SENEGAL-RELIGION

Le Hajj vise à faire du pèlerin un "être positif", selon Abdoul Aziz Kébé

Thiès, 20 mai (APS) - Le pèlerinage musulman (Hajj), au-delà d’un simple rituel mécanique, est un ensemble de pratiques destinées à installer des compétences de vie qui font du croyant un "être positif", prêt à les réinvestir dans sa société une fois de retour chez lui, a indiqué, samedi à Thiès, le délégué général au pèlerinage, le docteur Adoul Aziz Kébé.
 

"Le pèlerinage n’est pas un simple rituel mécanique, sans âme. C’est un ensemble de pratiques qui renvoient à des compétences de vie qu’il faut acquérir et les réinvestir au retour chez nous", a dit Abdoul Aziz Kébé, s’adressant à la presse au terme d’une conférence qu’il animait dans la ville de Thiès.

A l’initiative du Forum citoyen pour l’émergence, cette rencontre était organisée en partenariat avec l’Association des imams et oulémas de la commune de Thiès Ouest.

"Un verset coranique interdit les futilités, la permissivité sexuelle et les polémiques stériles pendant le Hajj", a relevé d’emblée le conférencier, non sans ajouter que "toutes les sociétés qui ont connu une certaine déchéance, ont laissé se développer ces éléments dans leur ensemble ou (l’un d’eux)".

Pour Abdoul Aziz Kébé, une société qui s’adonne à une "sexualité débridée, proche de l’animalité" est en déchéance morale. Tout comme un espace public où les acteurs s’affrontent par le biais de "fake news" (fausses nouvelles) et où la polémique stérile a droit de cité "passe à côté de l’essentiel".

Déplorant l’existence dans nos pays d’une "industrie de l’amusement" et d’une "prolifération de polémiques stériles", le conférencier estime que ce n’est pas ce qui va développer le pays. Comme le Ramadan, le pèlerinage à la Mecque propose une solution pour aider le musulman à se débarrasser des passions et pulsions à la base de tous ces vices, a-t-il poursuivi.

Ce cinquième pilier de l’Islam encourage à mettre en avant des "arguments de raison" en lieu et place de la violence. En tant que condensé de plusieurs types d’adorations, dont la prière, la zakat, le ’’tawhid’’ (foi en l’unicité de Dieu), le Hajj sollicite le croyant sur les plans physique, intellectuel, spirituel et moral qu’il relie de "manière cohérente", a-t-il fait valoir.

"Le hajj nous apprend à être des vecteurs de paix et de fraternité" a dit M. Kébé, laissant entendre que le pélerin doit, en quittant son domicile pour les lieux saints de l’islam, faire en sorte que cet itinéraire matériel aille de pair avec l’itinéraire spirituel, consistant à abandonner la perversion pour se rapprocher de ce à quoi appelle son Seigneur. Il s’agit de la bonté, de la paix, de la compassion, etc. Un parcours qui requiert beaucoup d’endurance.

Pour lui, toute la symbolique du Hajj inculque des valeurs de solidarité dans la piété, de miséricorde et de paix. "Le hajj nous apprend à être un vecteur de paix et de fraternité", a-t-il noté, ajoutant qu’il "lève les distinctions de sang, de rang, pour faire de nous des frères et sœurs".

"Le fait que des individus de races, de nationalités, d’ethnies et de rangs sociaux différents se côtoient, vêtus du même type d’habit, accomplissant les mêmes rituels devant un même Seigneur, renvoie à l’unicité de la condition humaine et appelle à la fraternité humaine. Cela fait penser aussi au jour dernier", a-t-il ajouté.

"En lapidant Satan avec des cailloux (Jamra), le pèlerin vise en réalité ses propres passions qui le poussent à la haine et lui empêchent d’être positif. Il cherche à les tuer en lui pour rester avec son Seigneur", relève-t-il.

Le pèlerinage vise aussi "l’équilibre tant social qu’écologique du monde, puisqu’il est interdit pendant le pèlerinage de couper un arbre ou de tuer un animal", indique M. Kébé, par ailleurs l’universitaire.

Pour lui, "le Hajj est atemporel", il apprend au musulman à rechercher la "permanence de la relation avec Dieu, à être positif dans la vie en société". En somme, résume-t-il, il s’agit pour le pélerin de "garder intactes les valeurs acquises au terme de cet itinéraire symbolique, dont il revient purifié comme le jour de sa naissance".

ADI/PON