Le CAMES,
APS
SENEGAL-AFRIQUE-ENSEIGNEMENT

Le CAMES, "l’arbitre du jeu intellectuel en Afrique francophone" (universitaire)


Dakar, 23 juin (APS) - Le conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) créée en janvier 1968 à Niamey (Niger) constitue "l’indépendance intellectuelle de l’Université africaine francophone" a indiqué, samedi à Dakar, Chikouna Cissé, maître de conférences au département d’Histoire de l’Université Félix Houphouet Boigny de Côte d’Ivoire.

 
"La création du CAMES découle d’une volonté politique et académique de nos dirigeants au début des indépendances pour libérer nos universités de la tutelle française", a indiqué Chikouna Cissé.
 
Docteur Chikouna Cissé s’exprimait ainsi à la cérémonie de présentation de son ouvrage intitulé : "Le CAMES (1968-2018) : un demi-siècle au service de l’enseignement supérieur et de la recherche en Afrique" à l’auditorium Khaly Amar Fall de l’Université Cheikh Anta Diop.


Le maître de conférences au département d’Histoire de l’Université Félix Houphouet Boigny de Côte d’Ivoire retrace dans ce livre tout le processus qui a conduit à la création du CAMES en janvier 1968 à Niamey.


L’auteur qui a fait remarquer la nécessité de réformer les titres au sein du CAMES a également rappelé les défis de la gouvernance et de la massification de l’enseignement supérieur en Afrique.


"Il n’y a qu’au CAMES dans l’espace universitaire francophone qu’on trouve les 6 grades pour l’évaluation des enseignants-chercheurs. Ailleurs il ne reste que les titres de maître de Conférences et professeur titulaire" a-t-il souligné.


Pour sa part, le professeur Aboubacry Moussa Lam, ancien représentant du Sénégal au CAMES (1996-2017) est revenu sur le rôle d’indépendance intellectuelle que joue le Conseil.

M. Lam n’a, à cet effet, pas manqué de partager l’anecdote de son maître, l’égyptologue Cheikh Anta Diop dont la première thèse a été refusée par la Sorbonne (Paris) en 1954.


Aboubacry Moussa Lam, par ailleurs professeur titulaire au département d’Histoire de l’UCAD a relevé que "pour plus d’efficacité dans la gouvernance universitaire, les acteurs doivent être élus par leurs pairs et non coptés par les dirigeants politiques".


M. Lam qui milite pour des "financements additionnels" a donné l’exemple des universités américaines qui, selon lui, "tirent l’essentiel de leur financement du privé ou d’anciens étudiants".

SMD/PON