La pièce théâtrale du bois de Bessir présentée pour faire davantage connaître la culutre Diola
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SENEGAL-CULTURE

La pièce théâtrale du bois de Bessir présentée pour faire davantage connaître la culutre Diola

Dakar, 20 juil (APS) – La grande salle de réunion de la Fondation Konrad Adeauer (FKA) a abrité, ce mercredi après-midi, la présentation de la pièce théâtrale "Le bois de Bessir" destinée à faire découvrir les rituels du bois sacré.

"Il a été important pour nous d’enlever un peu le vide qui se trouve dans la jeunesse en ce qui concerne les rituels du bois sacré", a dit Yacine Bodian, l’auteure de cette pièce jouée par la troupe Totok. 
 
Selon les organisateurs, "la pièce mise en scène par Daman Cissokho permet de comprendre les pratiques traditionnelles en milieu Diola où l’initiation occupe une place importante".
 
"Quand on a une culture, on est obligé de s’y baser en prenant le bien pour rejeter le mal", a expliqué Yacine Bodian, soulignant la nécessité pour l’homme "d’avoir des repères, sens même du bois sacré".
 
Le bois sacré est une source d’éducation, a-t-elle relevé, ajoutant que "c’est une école pour un jeune enfant et une personne qui n’y est pas entrée n’est pas considérée comme un homme chez les diolas".
 
"Tous les jeunes passent pendant un moment déterminé dans le bois sacré sans lequel ils seront stigmatisés par la société", a par ailleurs expliqué l’actrice Rosalie Diatta à son cousin Samba venu fraîchement d’Amérique qui ignorait toute cette pratique.
 
D’après la romancière, "le but été de montrer aux jeunes qu’il n’ y a rien de dangereux dans le bois sacré et que même avec l’avènement de la mondialisation, il demeure la source de l’éducation de l’homme".
 
"Ce qui nous retarde, ce sont ceux qui suivent et copient aveuglement les cultures étrangères", ont soutenu des acteurs qui précisent dans une séquence que "tôt ou tard ceux qui auront choisi la facilité pour adopter d’autres cultures, tomberont dans leur propre filet".
 
L’un des enseignements de la pièce est que, malgré la mondialisation, les valeurs ancestrales ne doivent être ni oubliées ni rejetées au profit d’une autre culture.
 
"Quand on crache sur sa culture et sa tradition, on tend à adorer celle des autres", a lancé ainsi l’un des acteurs
 
Pour sa part, le metteur en scène, Daman Cissokho, a expliqué clairement dans la pièce que "la religion ne peut jamais se séparer de la culture, car les deux vont toujours de pair".
 
Dans la même perspective, les acteurs ont également démontré que la loi n’existait pas dans la culture Diola, car la société elle-même est régie par ce bois sacré contre lequel, toute action serait un sacrilège.

AMN/PON