La Covid-19 pourrait avoir plongé 132 millions de personnes dans la faim extrême (FAO)
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MONDE-DEVELOPPEMENT

La Covid-19 pourrait avoir plongé 132 millions de personnes dans la faim extrême (FAO)

Dakar, 22 sept (APS) – La pandémie de Covid-19 a freiné les progrès accomplis dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) et sapé des décennies de travail en faveur du développement, alors 83 à 132 millions de personnes pourraient avoir été plongées dans la faim extrême en 2020, a révélé une étude de la FAO.
 
‘’La pandémie de covid-19 a freiné les progrès accomplis dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) énoncés dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies et sapé des décennies de travail en faveur du développement’’, a notamment conclu le rapport de cette enquête.
 
Le document rendu public mercredi à Rome, la capitale italienne, par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a souligné que le monde prenait du retard et progressait très peu sur plusieurs fronts en termes d’atteinte des ODD.
 
‘’Les progrès réalisés au titre de nombreuses cibles des ODD ont été défaits, ce qui a des conséquences majeures sur tous les aspects du développement durable et rend la concrétisation du Programme 2030 encore plus difficile’’, a expliqué Pietro Gennari, statisticien en chef de la FAO, cité dans le rapport.
 
Selon les auteurs de cette étude, la pandémie de Covid-19 pourrait avoir plongé 83 à 132 millions de personnes supplémentaires dans la faim chronique en 2020, éloignant encore plus de l’objectif "Faim zéro".
 
L’étude relève dans le même temps qu’un pourcentage inacceptable des aliments (14 pour cent) étaient perdus dans la chaîne d’approvisionnement avant même d’avoir pu arriver jusqu’au consommateur, alors que les systèmes agricoles étaient les plus touchés par les pertes économiques dues aux catastrophes.
 
Les petits producteurs restent défavorisés et, dans les pays en développement, les femmes gagnent moins que les hommes même si elles produisent plus, a noté le rapport non sans ajouter que l’instabilité des prix s’était accentuée en raison des contraintes liées à la pandémie de Covid-19 et aux mesures de confinement adoptées pour y faire face.
 
L’enquête a également fait ressortir que les progrès en matière de conservation de la diversité génétique des plantes et des animaux pour l’alimentation et l’agriculture restaient insuffisants, alors que les inégalités entre femmes et hommes concernant les droits sur les terres étaient extrêmement répandues.
 
Des lois et usages discriminatoires continuaient de faire obstacle à l’exercice par les femmes de leurs droits fonciers, a déploré la FAO tout en soutenant que le stress hydrique atteignait toujours des niveaux alarmants dans beaucoup de régions.
 
AKS/ASB