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SENEGAL-ECONOMIE

"L’ICPE n’est pas un ajustement structurel" (ministre)

Dakar, 26 sept (APS) – L’Instrument de coordination des politiques économiques (ICPE) conclu avec le FMI "est loin d’être un ajustement structurel", a soutenu le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo. 
 
Le gouvernement du Sénégal a conclu avec le fonds monétaire international un accord de principe au titre de l’instrument de coordination des politiques économiques (ICPE) pour une durée de trois ans, a révélé lundi à Dakar la cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Corinne Deléchat.
 
"Une équipe des services du Fonds monétaires internationale, dirigée par Mme Corinne Delechat, a séjourné à Dakar, du 12 au 23 septembre 2019, pour conduire les discussions avec les autorités sénégalaises sur un programme soutenu par l’instrument de coordination des politiques économiques (ICPE) d’une durée de trois ans", a déclaré la Cheffe de Mission du FMI pour le Sénégal.
 
"L’ICPE auquel a souscrit le Sénégal, qui est du reste sans soutien financier, est loin d’être un ajustement structurel", a dit Abdoulaye Daouda Diallo dans un entretien paru jeudi dans le quotidien Le Soleil.
 
Selon lui, "un programme d’ajustement structurel est un programme de réformes économiques que les institutions de Breton Woods mettent en place pour permettre aux pays touchés par de grandes difficultés économiques de sortir de leur crise".
 
Le ministre a ajouté qu’"on parle d’ajustement structurel lorsqu’un pays connaît une faible croissance, un déséquilibre interne et externe cumulés, accompagné d’un endettement insoutenable". 
 
Il a signalé que sous le magistère du président Macky Sall et depuis le lancement du PSE en 2014, le Sénégal "connaît une forte croissance : en moyenne 6% l’an". 
 
Il a rappelé qu’"on a un déséquilibre interne si on ne maîtrise ni le déficit ni l’inflation". 
 
"Pour le cas du Sénégal, le déficit est passé de 6,7% en 2011 à 3% en 2019 alors que l’inflation est aujourd’hui bien en dessous du seuil de 3% fixé dans le cadre de la surveillance multilatérale", a relevé le ministre.
 
Concernant le déséquilibre externe, "il est mesuré par le déficit du compte courant". 
 
"Il est passé, pour le Sénégal, de 8,6% en 2012 à 7% en 2019. L’augmentation du déficit en 2020 et 2021 est conjoncturellement due aux importations nécessaires avant l’exploitation des hydrocarbures et une baisse sera enregistrée au démarrage de la production et de l’exportation du pétrole et du gaz", a dit Diallo.
 
S’agissant de l’endettement, "il est à 54,7% du PIB contre une norme communautaire de 70% et tous les seuils de viabilité de la dette sont respectés", a souligné le ministre, ajoutant que le Sénégal "est bien loin d’une situation d’ajustement structurel".


OID/ASB