Khalifa Sall quitte la prison de Rebeuss devant des partisans en liesse
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SENEGAL-POLITIQUE-JUSTICE

Khalifa Sall quitte la prison de Rebeuss devant des partisans en liesse

Dakar, 29 sept (APS) - L’ancien maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, grâcié dimanche, a quitté dans la soirée la prison de Rebeuss, en compagnie de ses avocats, sous les cris et acclamations de plusieurs de ses militants qui contenaient à peine leurs émotions, a constaté l’APS.

M. Sall n’a pas fait de déclaration, malgré la forte présence de ses militants et des journalistes, massés devant la porte principale de cette prison depuis l’annonce de la grâce présidentielle dont il a bénéficié un peu plutôt en fin d’après-midi.
 
La voiture de Khalifa Sall avait de la peine à se frayer du chemin devant la détermination de ses inconditionnels décidés à saluer leur mentor, incarcéré depuis 2017 dans l’affaire dite de la "caisse d’avance" de la mairie de Dakar.
 
Les agents de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss et les autres policiers présents sur les lieux, avaient du mal à contenir la foule. Ils ont en premier lieu sorti des matraques électriques sans réussir à maîtriser la foule de militants et sympathisants de l’ancien édile.
 
Devant leur détermination à accompagner Khalifa Sall à son domicile familial, ils ont fini par lancer des grenades lacrymogènes. C’est la débandade et le sauve-qui-peut.
 
Les plus téméraires n’ont malgré tout pas lâché l’affaire et ont continué de suivre le cortège de l’ancien maire Dakar, en scandant son nom.
 
Ses codétenus Mbaye Touré et Yaya Bodian qui ont bénéficié d’une remise de peines intégrales, en même temps que l’ancien maire de Dakar, ont été les premiers à humer l’air de la liberté. Ils ont quitté la prison à 19h 52, leur sortie alertant les inconditionnels qui s’étaient rués vers la porte principale.
 
Une fausse alerte, certains d’entre eux n’y voyant qu’une stratégie de diversion des agents de l’administration pénitentiaire pour les empêcher de témoigner de leur soutien à Khalifa Sall.
 
Me Cheikh Kouraïchi Ba, un des conseils de Khalifa Sall, a expliqué aux journalistes que le président de la République, usant de ses prérogatives constitutionnellles, a décidé de le grâcier. 
 
L’avocat a précisé qu’il s’agit là d’un "droit régalien", pour cela, "Khalifa Sall n’a pas à introduire une demande quelconque", ce qui n’a d’ailleurs pas été le cas, a-t-il indiqué.
 
"Le président de la République a jugé le moment opportun, comme on est dans une atmosphère de décrispation, nous ne pouvons que saluer cette décision peut-être assez tardive, mais elle est toujours opportune", a-t-il dit.
 
Il s’est réjoui que le décret de grâce soit tombé, ajoutant que "le combat de l’amnistie" réclamé par les militants de Khalifa Sall, est à la limite "un peu politique". 
 
Me Ba dit espérer que "la prochaine étape, la plus juste, sera celle de l’amnistie", soulignant qu’ils n’en sont qu’au décret de grâce. "Les effets de la condamnation que nous estimons injustes sont toujours là", a-t-il dit.
 
"Ce serait une très bonne chose qu’on obtienne cette loi d’amnistie pour pouvoir aller au-delà de l’affaire Khalifa Sall, réconcilier les Sénégalais qui étaient divisés sur ces questions qui ont précédé et accompagné le processus électoral ayant abouti à la réélection du président de la République", a-t-il plaidé.
 
Selon lui, c’est le "vœu le plus ardent" des avocats de Khalifa Sall.
 



ASB/BK