Kaolack : les familles d’accueil débordées par l’afflux des populations déplacées de la Gambie (Croix-Rouge)
APS
SENEGAL-GAMBIE-SOCIETE

Kaolack : les familles d’accueil débordées par l’afflux des populations déplacées de la Gambie (Croix-Rouge)

Kaolack, 18 jan (APS) - Les familles d’accueil de Kaolack (centre) sont dans l’incapacité d’accueillir les populations déplacées de la Gambie, fuyant l’imminence d’une intervention militaire de la CEDEAO, a soutenu le président du Comité régional de la Croix-Rouge, Mbagnick Ndiaye.
 
"Plusieurs familles d’accueil de la commune de Kaolack commencent à être débordées par l’arrivée en nombre de leurs parents de la Gambie, un afflux qui augmente au fil des jours et il faut les nourrir et les héberger", a dit M. Ndiaye dans un entretien avec l’APS. 
 
Le président du comité régional de l’organisation humanitaire a indiqué que "les familles d’accueil font actuellement face au casse-tête de la restauration et de l’hébergement. 
 
"Donc, a-t-il plaidé, il faut que les autorités viennent en aide aux familles d’accueil car elles seules ne pourront pas supporter cet afflux progressif de personnes déplacées". 
 
A la date du 17 janvier, "un bilan provisoire fait état de la présence de 567 chefs de familles sénégalais et gambiens déplacés avec leurs familles, dont 18 femmes enceintes sur 257 recensées et 129 enfants âgés de 0 à 5 ans", a renseigné Mbagnick Ndiaye.
 
"Cette population déplacée a été recensée entre lundi et mardi grâce à la mobilisation de 62 volontaires de la section départementale de la Croix-Rouge dans les familles d’accueil de 23 quartiers de la commune de Kaolack et dans les localités de Sibassor, de kawiin et Koutal", a-t-il expliqué.
 
Il a précisé que les populations déplacées recensées sont de loin moins importantes que celles non recensées et qui sont déjà dans des familles d’accueil sénégalaises. 
 
"La commune de Kaolack compte 45 quartiers et nous n’avons recensé que 23, donc, on est encore loin du chiffre global du nombre de personnes déplacées’’, a-t-il ajouté.
 
"Toutefois, a-t-il relevé, nous allons continuer les recensements dans le département de Kaolack et dans ceux de Nioro et Guinguinéo, où nos équipes sont également sur place, en train de faire le recensement des populations qui continuent d’arriver". 
 
Le responsable du comité régional de la Croix-Rouge a appelé ‘’les autorités étatiques et des bonnes volontés à venir en aide aux familles d’accueil’’. 
 
Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, conteste les résultats de la présidentielle gambienne du 1-er décembre dernier, au lendemain de laquelle il avait pourtant reconnu sa défaite et félicité son adversaire Adama Barrow, le candidat de l’opposition, pour sa victoire, plongeant son pays dans une grave crise postélectorale. 
 
Jammeh qui a déposé un recours, exige la tenue d’une nouvelle élection. Or, le président de la Cour suprême gambienne, s’est récusé lundi de l’examen du recours porté devant cette juridiction par le président sortant contre l’investiture de son successeur, prévue jeudi. 
 
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tente en vain depuis quelques semaines de convaincre le président Jammeh de céder le pouvoir à l’opposant Adama Barrow, que le Sénégal accueille depuis samedi à la demande de l’organisation sous-régionale. 
 
Le Parlement gambien a prolongé le mandat du président sortant Yahya Jammeh de 90 jours qui arrive à terme mercredi à minuit. Le même parlement a aussi approuvé l’état d’urgence décrété par M. Jammeh.


AB/ASB/OID