Gambie : des négociations toujours en cours, les militaires prêts à entrer en action
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AFRIQUE-POLITIQUE

Gambie : des négociations toujours en cours, les militaires prêts à entrer en action

Dakar, 18 jan (APS) – Les militaires pourraient prendre le relais des diplomates en Gambie si, à minuit, le président sortant Yahya Jammeh continue à refuser de céder le pouvoir à Adama Barrow, vainqueur de la présidentielle du 1er décembre dernier.

Interrogé par la radio privée sénégalaise RFM, le colonel Seydou Maïga Moro, chef de la Force de la CEDEAO en attente a confirmé l’imminence d’une intervention militaire à minuit en cas d’échec des négociations avec le président sortant.
 
Pour une source militaire contactée par l’APS, le début d’une opération militaire "veut dire le déclenchement des hostilités avec forcément les coups de feu que l’on entend". Ce qui n’est pas encore le cas à Banjul.
 
La Force de la CEDEAO, en fin de préparation, est prête à intervenir.

"Nous sommes en fin de préparation. Nous attendons les négociations politiques. Si d’ici minuit rien n’est fait, à partir de minuit 00, conformément à la décision des chefs d’Etat (de la CEDEAO), nous allons engager les hostilités", a dit le colonel Maïga.
 
"Toutes les troupes sont déjà sur place. Si d’ici minuit, aucune solution n’est trouvée, nous allons passer à l’action. Il faut donner une chance à l’action politique, tous les moyens politiques doivent être utilisés et à partir de minuit, nous pourrons engager les hostilités, car (Yahya Jammeh ) aura terminé son mandat (…)", a-t-il ajouté.
 
Au sujet d’éventuels dégâts collatéraux, le colonel Seydou Maïga Moro a déclaré : "A partir de la planification, nous saurons quoi faire et ce que nous devrons faire".
 
"Avec ce que nous avons comme force, nous sommes au point pour faire l’action qui nous est demandée par les chefs d’Etat", a-t-il assuré.
 
Selon lui, "toutes les forces de la CEDEAO sont concernées" et "principalement" les militaires du Nigéria, du Sénégal, du Ghana, du Togo et du Mali.
 
Une source militaire sénégalaise contactée par l’APS a confirmé que Dakar dispose d’une "bonne part" dans ce contingent. 
 
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tente en vain depuis quelques semaines de convaincre le président Jammeh de céder le pouvoir au président élu Adama Barrow, que le Sénégal accueille depuis samedi à la demande de l’organisation sous-régionale.
 
Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, conteste les résultats de la présidentielle gambienne du 1-er décembre dernier, au lendemain de laquelle il avait pourtant reconnu sa défaite et félicité son adversaire Adama Barrow, le candidat de l’opposition, pour sa victoire, plongeant son pays dans une grave crise postélectorale. 
 
Jammeh qui a déposé un recours, exige la tenue d’une nouvelle élection. Or, le président de la Cour suprême gambienne, s’est récusé de l’examen du recours porté devant cette juridiction par le président sortant contre l’investiture de son successeur, prévue jeudi.
 
Le Parlement gambien a prolongé le mandat du président sortant Yahya Jammeh de 90 jours qui arrive à terme mercredi à minuit. Le même parlement a aussi approuvé l’état d’urgence décrété par M. Jammeh.
 
L’imminence d’une intervention militaire à conduit de nombreux gambiens à trouver refuge au Sénégal, particulièrement en Casamance, dans le sud.

OID/ASB/ASG